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18 janv. 2010

La pub en ligne supplante la TV !

La blogosphère ne parle que de cela. Pepsi abandonne le Super Bowl pour investir sur les medias sociaux ! Les investissements publicitaires sur le web au Royaume-Uni dépassent désormais les investissements TV ! Bref, c'est déjà une réalité : la publicité en ligne est incontournable.

Je vous invite sur ce point à lire l'étude réalisée par Google pour le compte de L'Oréal, au travers d'un cas d'école sur la marque Garnier, sur l'efficacité comparée du search marketing (l'achat de mots clés sur les moteurs de recherche) :

30 oct. 2009

Les marques de luxe sont-elles plus à l'aise avec le web ?

Les marques de beauté sont-elles plus à l'aise avec les nouveaux medias. J'ai recensé par le passé de nombreuses initiatives Internet ou buzz marketing - le terme est pratiquement passé de mode - des grandes marques : certaines faisaient un usage habile de ce nouveau mode de communication, d'autres (les plus nombreuses) se montraient plutôt maladroites dans leur tentative de concilier l'esprit web et une communication qui reste institutionnelle. C'est évidemment un domaine dans lequel rien n'est figé, puisque les marques expérimentent sans cesse.

2 opérations récentes ont retenu mon attention : sans être d'une folle originalité, elles trouvent assez facilement leur place dans l'univers encombré du net.

Lancôme, avec son blog consacré au maquillage, relève le défi d'une création de contenu plutôt riche, avec coulisses de la création des produits et des communications, conseils d'utilisation, tendances... Un vrai blog-coach qui remplit bien son rôle tout en restant parfaitement en ligne avec la marque. Le blog a ses relais sur facebook et twitter. On peut regretter que le blog manque toutefois d'incarnation, un pas de toute façon difficile à franchir pour ce type de marque.

Clarins se lance en parallèle dans la video virale pour promouvoir sa gamme Multi-Active. L'ingrédient principal, l'humour, est présent, sans quoi la "viralité" est un leurre. Mais là encore l'ensemble reste bien dans les clous, sans insolence ni audace outrancière... ça pourrait finalement limiter l'efficacité du buzz, mais l'image de la marque en sort intact, et sans doute était-ce la priorité de l'annonceur. Si je devais faire néanmoins une critique sur le film ci-dessous : aucune promesse produit n'est évoquée, aucun lien entre l'histoire et la marque, c'est davantage une publicité pour la "générale des crèmes" qui pourrait être adaptée pour à peu près toutes les crèmes du marché. C'est un peu moins vrai des deux autres films de la série, plus spécifiques. L'initiative a dans tous les cas le mérite d'ouvrir la voie : la video virale n'est en effet pas le lieu le plus évident pour une marque haut de gamme comme Clarins.



Je doute des recettes beauté de super mamie !

17 juin 2009

MaDame et sa guest star...!

Nouvel indice dans l'insondable mystère orchestré par Jean-Paul Gaultier : quelle sera la guest star rock'n'rose de Ma Dame, célébrant le premier anniversaire du parfum. Buzz Paradise révèle que certains bloggueurs ont déjà percé le mystère, sans dire lesquels... fais-je partie des élus, suspense ! J'ai parié pour Feist mais vos avis sont partagés : le groupe Rose'n'Roll, Martin Solveig, Rose, Lady Gaga... sont sur la ligne de départ. Qui dit mieux ?

90 bloggeurs de 6 pays différents (France, Belgique, Pays Bas, Espagne, UK et Italie) participent au jeu. Et BuzzParadise nous annonce qu'il fera "partie des plus belles campagnes lancées par BuzzParadise grâce à votre participation active". Chouette !

Voici la photo du nouvel indice, déjà visible dans la video postée un peu plus tôt. Alors, inspirés ?


11 juin 2009

The guest star de Jean-Paul Gaultier

Une fois n'est pas coutume : le Cosmeo Blog buzze pour Jean-Paul Gaultier, histoire de tester la 'communication blog' des marques de l'intérieur. C'est Buzz Paradise qui mène la danse et organise un jeu concours pour le premier anniversaire du parfum MaDame, dans une ambiance Rose'n'Roll. Le blog gagnant remporte une "surprise Jean-Paul Gaultier"... On verra !

Et d'ailleurs, pour toi cher lecteur, voici l'enjeu du jeu (!) : découvrir l'artiste invité(e) par la marque pour ces festivités. L'opération couvre des blogs français, anglais, espagnols, italiens et belges : la guest star est donc internationale. Voici le premier indice en photo, extrait de la video teasing :


La video teasing :


Jean Paul Gaultier Maison de Couture: What's happening?

Et d'autres indices sont sur le site de MaDame. Voilà, je crois avoir tout dit. Menons l'enquête ensemble !

Le 1234 qui apparait sur le compteur du taxi me fait penser à Feist et sa chanson du même nom, et vous ?
NB : je ne touche aucune rémunération pour relayer ce jeu - c'est SEULEMENT un jeu !


6 mars 2009

Twitter fait le beau

On parle beaucoup de Twitter, après My Space et Facebook, comme le nouvel incontournable du buzz marketing pour les marques. Pour rappel, Twitter est un outil de micro-blogging qui permet à l’utilisateur d’annoncer en temps réel à son réseau chacune de ses micro-actions du jour, un peu comme si le bloggueur envoyait en continu des sms racontant chaque fait et geste.

A première vue, ça m'apparaissait comme un terrible ego-trip ! Qui a une vie suffisamment passionnante pour qu'on veuille la suivre minute par minute ? Mais il faut se rendre à l'évidence, le succès est là ! J’ai lu ici que Twitter a connu une croissance de +752% en 2008, et compte aujourd’hui 5 millions d’utilisateurs. Culture Buzz souligne que Twitter réunit une communauté de personnes ultra-connectées, à l’affût d’infos pointues , bref, les parfaits early adopters pour générer du buzz. Inévitablement, Twitter devient une plateforme de communication : Barack Obama y a rendu compte en temps réel de sa campagne, Dell y dialogue avec ses consommateurs, Renault fait la promotion de ses évènements, un restaurant texan y annonce ses plats du jour etc… « Twitter s’affirme comme un espace idéal pour rencontrer ses clients, améliorer le référencement d’un site internet, d’un blog, garder le contact avec ses prospects ou encore créer son propre intranet et partager des informations » . Même le Dalaï Lama s’y est mis [1]!

Quelle opportunité pour la beauté ? Et plus encore, pour le luxe, peu habitué à envoyer des micro-news à ses consommateurs et plutôt adepte de belles envolées lyriques ? Encore faut-il avoir quotidiennement matière à s’exprimer !

Pionnier de Twitter, MAC Cosmetic montre la voie en utilisant l’outil pour communiquer sur les évènements auxquels les makeup artists de la marque participent. Pour chaque défilé de mode, les maquilleurs twittent leurs faits et gestes, leurs astuces maquillage en temps réel, rendant l’espace confidentiel du backstage accessible à tous. Une façon maligne de relayer une présence dans l’univers (féérique ?) des défilés qui, sinon, passerait totalement inaperçue. A titre d’exemple, près de 175 défilés sont ainsi concernés durant la saison Printemps / Eté 2009.

Aujourd’hui où les marques cherchent à créer un lien avec les consommateurs, à démontrer leur dynamisme et leur actualité, à faire partager leurs coulisses, Twitter constitue une opportunité intéressante pour inaugurer une nouvelle expérience de marque. A mon sens, c'est particulièrement adapté pour rendre compte d'un évènement (ou une série d'évènement), sans toutefois remplacer un discours institutionnel plus solide. Mais cette vision est très restrictive, tant les usages sont multiples : dialogue avec les consommateurs, avec les journalistes, en interne etc... Ce n'est pas non plus exempt de danger : et si on découvrait que les marques… n’ont rien à dire ??

Pour les marques intéressées, Culture Buzz énonce ici quelques règles : être généreux (apporter un service), être transparent (il ne faut pas se cacher), amener de la valeur (apporter un VRAI service), cibler le bon réseau (la bonne communauté), écouter avant de parler (il s'agit d'un espace de dialogue et de conversation). Comme on le dit souvent, c'est ce dernier point qui pose le plus problème au luxe, très ancré dans une communication traditionnelle de la marque vers le consommateur. Alors, prêts à twitter ?

Source photo : Culture Buzz

[1] Mise à jour : voir dans les commentaires : le twitter du Dalaï Lama était un canular

4 mars 2008

Les blogs et le publi-rédactionnel

Le tout nouveau Journal du Blog s'annonce comme une plateforme d'information incontournable pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans l'aventure du blog marketing, dont l'industrie cosmétique se montre si friande, avec ses opportunités et ses risques. Premier exemple, cette note sur l'avenir du publi-rédactionnel dans les blogs.

Il est en effet tentant de contrôler le buzz suscité par une marque sur les blogs en rémunérant les bloggeurs pour qu'ils rédigent des articles sur le sujet et fassent ainsi monter la sauce. La note rappelle qu'on distingue publi-rédac (dont le texte est pour l'essentiel fourni par la marque au bloggeur) et billet sponsorisé (où le bloggeur rédige lui-même la note). Pour éviter les mises en cause éthiques, il est d'usage que les agences demandent aux bloggeurs de faire apparaitre clairement la mention "publi-rédac" ou un pictogramme dans la note. Mais le risque est évidemment de dissuader le lecteur de lire la note, ce qui pourrait remettre en cause l'efficacité publicitaire de ces procédés.


Par ailleurs, on le sait, la blogosphère est très fière de son indépendance et peut se montrer très dure vis-à-vis des blogs sponsorisés, en dépit des efforts des uns et des autres pour faire clairement apparaître l'existence d'un partenariat avec la marque. Nicolas de Blogrider indique ainsi dans les commentaires de la note que l'agence abandonne le publi-rédac : d'une part, trop de publi-rédac tue le publi-rédac, et d'autre part justement en raison de la violence des polémiques suscitées.

La rémunération des buzzers pose donc un réel problème, tant du point de vue de l'efficacité que de l'éthique. Les pratiques acceptées dans la blogosphère ne sont pas exactement identiques à celles qui sont naturellement tolérées par les consommateurs dans les médias classiques, leurs exigences, leurs attentes ne sont pas les mêmes. A méditer avant de se lancer dans une campagne de blog marketing ou de buzz marketing.

Crédit photo : image issue du Journal du Blog

18 déc. 2007

Anne Le Turnier, Cosma Terra : "il n’y a pas de raison que le bio ne reste qu’une affaire de femmes."

Anne Le Turnier, fondatrice du site marchand bio Cosma Terra, avait déjà répondu à mes questions il y a quelques temps sur son site. Elle revient sur les performances du site et ses plus récentes évolutions.


Comment se porte Cosma Terra ?
Cosma Terra se porte bien. En 2007, nous devrions quadrupler le chiffre d’affaires de 2006. Nous avons recentré nos investissements sur le développement de notre activité en ligne. Ceci nous a permis de lancer un certain nombre de nouveautés en fin d’année : une rubrique de coffrets-cadeaux beauté et bien-être bio avec une trentaine de thématiques pour tous les goûts et tous les budgets, de revoir le format de notre homepage et nos newsletters, de proposer aux internautes de choisir les échantillons qu’ils souhaitent à la fin du processus de commande et enfin de lancer un site dédié aux hommes et un blog vidéo.

Nous avons également élargi notre offre de marques. Nous avons commencé avec 7 marques, nous en avons désormais presque une quinzaine, dont 3 avec des accords particulièrement privilégiés (Patyka, SheerinO’kho et Kaeline). Nous restons cependant vigilant quant à la complémentarité de ces marques entre elles et à leur cohérence par rapport au positionnement moyen-haut de gamme du site. Ceci nous semble indispensable pour que l’offre reste clairement lisible par le client.

Vous créez Cosma Terra-Homme : les hommes sont-ils receptifs au bio ?
Les hommes représentent aujourd’hui environ 10% de notre clientèle. Avant même le lancement du site, nous avons remarqué que de plus en plus d’hommes achetaient sur notre site. Cependant, il faut admettre que pour l’instant les hommes sont surtout sensibles aux problèmes d’environnement, qui leur semblent être un sujet plus « sérieux ». Mais quand on leur parle de « cosmétique bio », ils ont tendance à ne pas se sentir tellement concernés sous prétexte qu’ils en utilisent moins que les femmes. En fait, ils oublient qu’ils utilisent tous les jours des mousses à raser, des shampooings, des gels douches et des savons de l’industrie conventionnelle, avec les risques que cela suppose peut-être sur l’environnement et sur la santé, voire sur la fertilité. De plus, beaucoup d’hommes sont encore méfiants quant à l’efficacité des cosmétiques bio : pas de publicité, peu ou pas d’articles dans leurs magazines préférés et pas de copain à qui en parler. Il y a donc un gros travail d’information à faire auprès des hommes, mais il n’y a pas de raison que le bio ne reste qu’une affaire de femmes.


Avez-vous conçu différemment le site masculin du site féminin pour mieux vous adresser aux hommes ?
Bien entendu, nous avons créé un univers graphique plus masculin que celui de Cosma Terra, avec des tons gris taupe. Mais surtout, partant du principe qu’il y a un travail de pédagogie et de conseils plus important à faire auprès des hommes, nous avons créé une nouvelle rubrique qui leur est exclusivement dédiée. Elle s’intitule « Vos problèmes, nos solutions bio » et répond de manière « naturelle et bio » à diverses questions que les hommes se posent : Que faire un lendemain de fête ? Peut-on éviter de perdre ses cheveux ? Comment faire dix ans de moins ? etc…Nous avons rédigé ces articles avec l’aide d’une esthéticienne-naturopathe, Françoise Caravella.


Vous avez également créé un blog, que doit-il vous apporter ?
Il s’agit du blog d’un genre un peu particulier puisque c’est un blog constitué essentiellement de vidéos. Il traite de beauté, de bien-être et d’environnement. Nous réalisons nous-mêmes des vidéos avec des interviews de nos fournisseurs, clients et partenaires. Nous y ajoutons des vidéos trouvées sur le web ou échangées avec des partenaires. Ceci nous permet d’élargir le sujet et parfois de le traiter sous un angle plus humoristique ou plus artistique.

Nous aimerions que cela permette aussi aux clients de connaître autre chose de nos marques et de nos produits que les fiches techniques du site : mettre un visage sur le nom d’une marque, voir un produit mis en scène, trouver une recette d’utilisation, etc... Vis-à-vis de nos marques, le blog est un outil supplémentaire pour nous aider à consolider nos partenariats, voire à négocier de nouvelles exclusivités. Enfin, nous voudrions développer de nouveaux modes de recrutement de clients, notamment sur la cible masculine (plus friande de Dailymotion par exemple que les femmes).


Comment va évoluer le contenu du blog ?
Nous allons poursuivre les interviews de nos fournisseurs, ainsi que d’autres acteurs de secteurs liés au développement durable. Nous aimerions aussi partager davantage d’expériences vécues avec des recettes, des soins et des témoignages. Les contributions seront donc les bienvenues.

Crédit photo : Cosma Terra

Fleur du Mâle sur Iphone : place au premium content

Stephane m'annonce qu'après avoir fleuri Second Life, le parfum Fleur du Mâle de Jean Paul Gaultier propose de télécharger en exclusivité sur votre iPhone les ballades folk du jeune groupe français Hey Hey My My. Une programmation en 5 rendez-vous successifs avec, en final, la projection du film making- of et les confidences du groupe. Un showcase dans un bar parisien est également prévu pour lancer l'opération. L'Iphone sera-t-il le nouveau terrain de jeu des marques ? Stephane m'indique en tout cas que Dior et L'Oréal s'y sont déjà essayés.

Premium content

Le média me parait moins essentiel dans cette opération que la volonté de développer, autour d'un produit, un univers plus large faisant appel aux sens et à l'émotion. On parle ainsi de premium content (contenu premium) : la marque crée un contenu spécifique, de l'ordre du divertissement plus que de la publicité (une idée proche de l'advertainment), pour élargir le champ de sa relation avec le consommateur. Le lien marque-consommateur se développe sur la base d'expériences communes qui vont au-delà du produit lui-même. Une belle idée à travailler, car le consommateur évolue, et sa receptivité au message publicitaire tend à s'éroder.

17 déc. 2007

Delphine Siebert : Perlescence, une marque de soin toute simple

Delphine Siebert a répondu à mes questions sur la création et le développement de Perlescence, une toute jeune marque de soin dont elle est co-fondatrice

Décrivez vos parcours et le contexte de votre rencontre ?
Line a été pendant 10 ans responsable recherche et développement chez Yoplait, et pour ma part, j'étais responsable de la formation cosmétique dans une école d'ingénieurs chimistes. Nous nous sommes rencontrées dans la société Lucas Meyer Cosmetics qui développe et fabrique des ingrédients actifs pour l'industrie cosmétique. C'est là que nous avons décidé de nous associer et de développer Perlescence.

Comment est née la marque ?
D'un constat tout simple: trop de produits, une surenchère marketing très compliquée à comprendre pour les clientes... Nous, les "femmes simples", on se met de la crème hydratante et c'est tout. L'idée était de développer une marque comme nous, des produits simples, une seule crème essentielle à mettre chaque jour, pas de fausse promesse. Exit contour des yeux, contour des lèvres, sérum 1, 2, etc..

En voyant ce qui existait sur le marché, qu'aviez-vous envie d'apporter de neuf ?
La tonne d'emballage qu'on jette chaque fois qu'on achète un produit, marre !! L'idée encore de simplicité poussée à l'extrême sur l'emballage : pas de suremballage. On achète une seule fois le pot et ensuite on le recharge, avec des écorecharges en sachets. Et, pour encourager les clients à recharger leur pot, on crée des séries limitées peintes à la main, très "déco" pour la salle de bain.

Comment avez-vous défini les codes de la marque, quels ont été vos partenaires ?
Les éléments fondateurs ont été définis après de nombreux brainstormings entre nous et avec les copines, et bien sûr en s'assurant que tout ça tenait la route économiquement parlant. Notre partenaire principal dans ce démarrage est la société Lucas Meyer Cosmetics qui nous a mis à disposition labo et ingrédients. Ce qui nous a permis de développer nos propres formules, douces, fraîches, légères et surtout essentielles pour toutes les peaux, même les plus sensibles.

Comment est structurée votre gamme ?
L'offre est structurée de manière très simple: 3 crèmes de soins visage en fonction de chaque type de peau (déshydratée, mixte à grasse et fatiguée); 1 gommage; 1 crème corps pour la peau d'orange.

Et vos produits chouchous ?
Nos produits chouchous: tous bien sûr! En ce moment, mon produit chouchou est "Ma crème Hydratante" en pot série limitée "Fleur de Seringa", mais ça ne tient qu'à moi... Et le gommage qui fait la peau super douce et éclatante.

Et pour l'avenir...
Il nous manque encore un démaquillant/nettoyant visage et yeux, une crème hydratante corps, une crème zones très sèches, et c'est tout!

Qu'est-ce qui fait votre différence par rapport aux concurrents ?
3 différences principales:
- Notre côté "développement durable", avec les recharges
- Les pots séries limitées "déco"
- De manière générale notre simplicité.

Qu'apporte le blog à votre activité ?
Le blog nous permet d'avoir un contact plus direct avec nos clients et amis. Ça donne le côté "chaleureux", qu'on ne verrait pas sur un site web classique. Il nous permet d'être proches de nos clients, de les chouchouter; ce qui est notre souci principal!

En quoi Internet est-il particulièrement adapté à votre activité ?
C'est notre "vitrine". Nous démarrons notre activité, nous avons encore peu de points de vente, mais pas mal de presse. Le site permet de nous découvrir mieux, si il n'y a pas de points de vente dans une zone géographique donnée.
Et pour que les clientes soient rassurées sur l'innocuité des formules, nous leur proposons des doses d'essai de 4 ml au prix de 1,5€ sur notre site.

Quelles sont vos perspectives ?
Pour le moment, nous développons surtout nos points de vente : nous sommes distribuées en instituts de beauté. Venez découvrir nos soins visage et corps : détente garantie !

12 déc. 2007

Dove attaqué sur ses videos virales

Lu sur le site du Monde et sur CultureBuzz : après le succès de sa toute première video virale "Evolution", et le lancement d'une nouvelle video intitulée Onslaught (qui met en garde les parents sur l'influence négative sur les jeunes filles des publicités de l'industrie cosmétique, voir ma note ici), Dove est attaqué sur la sincérité de ce discours très militant. Motif : Dove appartient au groupe Unilever, dont l'autre fer de lance, Axe, n'hésite pas à célébrer le mâle dominant et la femme-objet décérébrée. Une approche certes humoristique, mais perçue comme contradictoire avec l'approche Dove.

Dans ce faux spot diffusé sur le net, et reprenant la structure et le principe de la video Onslaught, les images de femmes ont été remplacées par des scènes de publicités Axe…



Citée par le monde, Sharon McLoad, directrice de la marque Dove, a déclaré "Le viral crée un dialogue, il faut accepter les opinions différentes". C'est effectivement le risque des stratégies de création de buzz, il faut être relativement irréprochable si on ne veut pas risquer un retour de baton... Dove est sans doute allé un peu loin dans sa logique : à trop vouloir insister sur son éthique, elle n'a fait qu'encourager la critique, et la contre-attaque. Mais qui disait que ce soit en mal ou en bien, l'important c'est de faire parler de soi...?

Pour autant, et comme l'a parfois été la mauvaise expérience du premier blog lancé par Vichy, cette controverse ne doit pas être un bon pretexte pour le management des marques pour rester frileuse vis-à-vis du web. Ces expériences montrent les limites des stratégies 2.0, sans pour autant en ternir l'intérêt. Elles dessinent le cadre, à chaque marque d'écrire sa propre histoire en la matière.

6 nov. 2007

Beauté : 4 marques explorent le web 2.0

Je l'ai dit souvent sur ce blog, les tentatives des marques pour s'emparer du web 2.0 paraissent encore bien timides. 4 initiatives récentes marquent une nouvelle avancée : Mugler crée une galaxie de blogs, Diesel propose de personnaliser son parfum en ligne, Clarins lance une plateforme blog généraliste, Kenzo réinvente Facebook pour Kenzoki...
Aucune de ces initiatives ne sonnent faux, ne parait maladroite dans l'univers web. Ce n'est pas anodin. Peut-être est-ce même le signe que les marques commencent à savoir comment utiliser les outils 2.0 sans sacrifier leur image et leur âme... Très bon présage !

Mugler ouvre une Blogalaxy
J'étais invité à la soirée inaugurale (merci Stéphane), mais je n'ai malheureusement pas pu y assister : Thierry Mugler ouvre une blogalaxy, plateforme d'échange blog 2.0 dédiée aux fans de la marque, afin de créer une communauté de clients. 30 privilégiés ouvrent le bal, chacun disposant d'une invitation pour coopter de nouveaux membres. Mugler reste ainsi fidèle à son intérêt marqué et relativement unique, depuis la création, pour les techniques de fidélisation (cercle de clientes, rencontres célestes etc...). J'aurais sans doute l'occasion de reparler de la Blogalaxy très prochainement.
En savoir plus : ici sur les blogs passionluxe, philippe pinault, OptiMystic, ...



Clarins ouvre une plateforme généraliste dédiée au beau
C'est une question de culture d'entreprise : même groupe (le groupe Clarins possède également Mugler), même intérêt depuis les origines pour construire, par des initiatives CRM simples mais intelligentes, une relation durable avec les consommatrices. Clarins crée OrSériE, une plate-forme participative et interactive dédié au luxe, à la beauté, au bien-être, notamment nourri par des articles issus de blogs partenaires. A la différence de la blogalaxy Mugler, la plateforme ne s'adresse pas aux fidèles de Clarins, qui n'y joue qu'un rôle très discret. Une agence externe est d'ailleurs en charge de l'animation de la plateforme.

Diesel propose à ses clients de personnaliser leur parfum
Le lancement du nouveau parfum Diesel Fuel for life, le premier sous l'égide de L'Oréal qui a récupéré cette license très convoitée, a démarré très fort depuis le mois d'août. Un joli coup, tant d'autres lancements destinés à un public jeune ont paru à côté de la plaque ces derniers temps. Et Diesel a parfaitement intégré les nouvelles règles du jeu du marketing 2.0 : en cette période pré-Noël, avec le site Fuel for Life Factory, chaque client peut visionner le flacon à 360°, choisir la couleur du fourreau, de la lanière et du logo, offrant ainsi plus de 150 000 combinaisons possibles (source : Culture Buzz). Mais seulement 20.000 exemplaires seront disponibles. Une belle opération de buzz, et plus encore, la réalisation d'un fantasme de marketeur : le parfum customisable.


Kenzo s'inspire de Facebook pour Kenzoki
Kenzo a lancé le site MmmKenzoki.com, site privé où 100 blogueuses fans de soins et de cosmétiques ont, comme sur Facebook, un espace personnel pour échanger photos, vidéos et autres conseils en soin et beauté. En savoir plus ici.

2 nov. 2007

L'industrie cosmétique en 2020 : 6 tendances qui façonneront l'avenir de la beauté

Prédire l'avenir ! C'est un exercice délicat auquel se livre le magazine pro ICN (International Cosmetic News) pour son 100e numéro. Pas tout à fait de l'art divinatoire quand même, puisque cette prospective s'appuie essentiellement sur les tendances déjà présentes appelées à se renforcer dans les dix ou vingt prochaines années... Et je trouve ça passionnant.

Selon ICN, les sujets de discussion des acteurs du marché n’ont guère changé depuis le milieu des années 90 (je n'étais pas né... enfin, pas encore tombé dans l'univers de la cosmétique, en tout cas) : trop de lancements qui étouffent le marché, trop de promotions qui dévaluent le prestige des marques, trop de marché parallèle qui permet à des produits de luxe d’atterir dans des boutiques bas de gamme… et les marques continuent pourtant à construire leur business sur ces mêmes bases.

6 grands mouvements sont à prévoir. Rien de particulièrement surprenant, et pourtant, ICN confie que nombre de responsables de marque étaient incapables de donner leur vision à 10 ou 20 ans lorsqu'ils ont été interviewés dans le cadre de cet article. Et pourtant, il me paraît être le coeur de leur métier de savoir se projeter à long terme et donner la juste impulsion à la marque dont ils ont la charge pour qu'elles se positionnent de manière intelligente par rapport à ces évolutions !

MARQUES
Concentration - ICN prévoit la disparition des acteurs indépendants de taille moyenne, tel Clarins, Sisley, Puig (Nina Ricci / Paco Rabanne...), Beiersdorf (Nivea), absorbés par des groupes plus importants. Voilà qui devrait réjouir les dirigeants actuels de ces groupes ! Et à l'intérieur de ces marques, en raison du coùt que représente le lancement d'une nouvelle ligne, la tendance des lancements de nouveautés intégrés à des masterbrands ou franchises déjà établies ("flankers" en parfum notamment) sera confortée, dans cette même logique de concentration.
Dissémination - A l’inverse, la concentration des marques au sein des grands groupes laissera d'autant plus de place à de petits acteurs agiles, prêts à développer des niches de marché que les groupes importants auraient du mal à gérer, ou à des acteurs issus d'autres univers, comme Danone avec son yaourt beauté Essensis.

DISTRIBUTION
Concentration -
La distribution a déjà connu un grand mouvement de concentration, notamment avec AT Watson rachetant différentes chaines de parfumeries à travers l’Europe (dont le leader français Marionnaud), ou la fusion des grands magasins Federated et May aux Etats-Unis, et bien sûr cela ne devrait pas être terminé.
Dissémination - Le phénomène le plus intéressant, et déjà très largement visible aux Etats-Unis, et la concurrence de plus en plus vive d’autres formats de distribution qui font de la cosmétique leur (nouvelle ?) spécialité : pharmacies, spas, salons, magasins de mode en tout genre, magasins spécialistes du naturel, sites d’e-commerce généralistes… C'est là, dans cette concurrence diversifiée et multi-canaux, que pourrait se jouer une partie de l'avenir des marques.

CONSOMMATEURS
Nouveaux consommateurs - Pour toutes les marques, la croissance se fera aussi par de nouveaux consommateurs : les hommes, les seniors, et bien entendu les pays émergents. Jean-Paul Agon, président de L’Oréal, estime ainsi que chaque année, 70 millions de nouveaux consommateurs d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Inde, d’Amérique Latine et d’Afrique ont les moyens d’accéder aux produits des marques du groupe. Le réservoir parait (pour le moment du moins) illimité ! Une bonne nouvelle, particulièrement pour les marchés matures comme le parfum… à condition de savoir s’adapter à une demande qui sera sensiblement différente de celles des marchés dominants actuels. Un vrai challenge.
... et consommateurs nouveaux - Mais même les consommateurs "connus" changent ! Car la relation avec le consommateur change : il s’agit de créer un nouveau lien où le consommateur serait lui-même un acteur de la marque. Vaste question, fortement influencée par le développement d’Internet, des blogs, des nouveaux medias d’une manière générale. L’industrie doit de toute façon apprendre comment développer l’expérience consommateur, remettre du fun, du glamour, du luxe dans la beauté. Indispensable pour un avenir prometteur.

Crédit incono : Cosmedias

18 oct. 2007

Kenzo fleurit les Velib' parisiens

Jour de grève des transports en France, les vélos s'en donnent à coeur joie...

Voilà qui me rappelle que je n'ai pas parlé d'une initiative récente de Kenzo : la marque a déposé un coquelicot, emblème de son parfum star FlowerbyKenzo, sur les vélos parisiens il y a quelques jours. Et il faut noter que cette opération n'est pas une simple (et dans le luxe, ce n'est jamais simple) campagne de street marketing surfant sur la vogue du Velib' : elle s'inscrit dans une stratégie long terme de la part de la marque pour développer l'univers poétique de Flower.

Le concept du parfum FlowerbyKenzo pourrait en effet se résumer en une phrase : une fleur dans la ville. C'est d'ailleurs pour le lancement de Flower que Kenzo avait réalisé une opération qui a particulièrement marqué son temps, tant le "street marketing" est rare dans l'univers des parfums de luxe : un champ de 150 000 coquelicots avait ainsi fleuri devant le centre Pompidou a Paris. Le premier film publicitaire de Flower n'était pas directement en lien avec ce thème, et peut-être est-ce le succès de cette opération au centre Pompidou qui a amené la marque à se concentrer sur cette idée pour l'ensemble des communications suivantes : une femme, une fleur, la ville... C'est le thème des publicités plus récentes, et la marque reste présente "dans la ville", comme récemment, en rhabillant une station de métro aux couleurs de Flower, et aujourd'hui avec cette nouvelle opération "Velib'".

Mise à jour : Culture-Buzz consacre également une news à cette initiative de Kenzo, avec des détails supplémentaires. Après le Centre Pompidou, les coquelicots ont en effet fleuri dans le monde entier : en Asie (Singapour, Hong Kong), en Europe (Londres, Vienne, Milan), en Amérique Latine (Buenos Aires, Mexico), et finalement en juin 2003 sur la Place Rouge à Moscou.

Photo issue de Blogs et IE

9 oct. 2007

Dove à l'assaut de l'industrie de la beauté

Dove tente de réitérer le coup de maître qu'avait constitué la vidéo virale "Evolution", génératrice d'un buzz énorme sur Internet, avec une nouvelle vidéo intitulée "Onslaught". Elle met en scène une pré-ado submergée par les images liées à la beauté (cosmétiques, lingerie, chirurgie plastique, régumes, etc...), s'achevant par cette accroche "parlez à votre fille avant que l'industrie de la beauté le fasse à votre place".



Dove va un cran plus loin que ses précédentes communications, puisqu'il s'agit d'un véritable procès de la beauté, jouant sur des ressorts émotionnels très forts. Des centaines de millier d'internautes ont déjà visionné la vidéo. Le message est certainement très efficace, parfaitement adapté au format Internet et aux mécaniques de buzz (format court idéal pour Youtube, images choc, discours militant...), les retombées pour Dove à mon avis un peu contestables. A vous de juger !

Merci à Signalsurf pour cette info !

21 sept. 2007

4 révolutions qui attendent la beauté

Elles ont déjà largement commencé à influencer les modes de production, de communication, de consommation, et elles s'annoncent comme des phénomènes de société majeurs incontournables des prochaines décennies. Ces quatre révolutions [1] bénéficient d'une forte médiatisation, et elles vont modeler les comportements futurs.

La cosmétique a beau être un secteur qui vit d'incessants changements et d'innovations continues, le poids des habitudes y reste particulièrement fort. Certaines de ces révolutions en marche n'ont encore eu qu'un impact marginal sur la manière d'opérer des marques. Pour combien de temps ?

1/ Marques : la révolution verte

Le thème du développement durable n'est pas prêt de quitter les feux de l'actualité : ce sera même le leitmotiv des décennies à venir. Et tandis que les industriels progressent sur le sujet, avec une offre de matériaux et de procédés "écolos" de plus en plus large, les consommateurs se montrent également de plus en plus sensibles aux marques issues de l'éco-citoyenneté. Qui aurait cru il y a encore peu de temps que la France, où la prise de conscience verte paraissait encore embryonnaire, pourrait avoir un ministre d'état chargé de l'écologie ? Ce mouvement est pour le moment l'apanage de petites marques, d'alternatifs, mais déjà les grands groupes s'emparent du sujet et devraient en être demain les principaux promoteurs. Au-delà du naturel, c'est l'éthique en général, une quête nouvelle d'authenticité (par exemple, revenir aux racines "artisanales" du luxe) qui devrait être un moteur de fidélisation des clients, et donc de pérennité pour les marques.

2/ Produits : la révolution grise

La population mondiale vieillit, et pourtant la pression de l'idéal de jeunesse et de beauté parfaite va continuer d'imprégner la société. D'où pour les seniors la quête de solutions pour préserver sa beauté et son capital seduction, quel que soit l'âge. Tous les segments de la beauté sont concernés car tous contribueront à remplir cette mission : soins anti-âge bien sûr, mais aussi le maquillage, les parfums, les soins capillaires, la toilette... Les discours holistiques, globaux, associant cosmétiques, compléments nutritionnels et coaching pour une parfaite hygiène de vie, seront indispensables pour justifier le rôle des marques et pérenniser leur succès. Enfin, le recours plus fréquent encore à des actes esthétiques médicaux et chirurgicaux amènera au développement d'une offre beauté chargée de la prise en charge pré ou post-intervention.

3/ Communication : la révolution ludique

L'industrie du jeu video a déjà supplanté aux Etats-Unis le cinéma, et cette suprématie du divertissement "actif" modifie en profondeur les attentes des consommateurs en matière de communication. Alors que la beauté et le parfum misent encore principalement sur les pages de pub dans la presse féminine et la télévision, les marques doivent accorder une place grandissante au buzz et au blog marketing, au CRM, à l'advertainment, au street marketing, sur les réseaux sociaux type Second Life, autant de manières nouvelles de communiquer pour établir une relation plus forte avec les consommateurs. Ces attentes nouvelles des consommateurs s'incarneront également dans la recherche d'approche plus ludique, dans la lignée des conseils beauté sur console video, des marques "fun" avec un discours décalé, d'une shopping experience qui tient plus du parc d'attraction que de la boutique traditionnelle... Une remise en question totale de la relation à la marque distante et professionnelle encore en cours aujourd'hui.

4/ Distribution : la révolution multi-circuit

Jusqu'à présent, chaque marque de beauté avait son circuit de distribution de prédilection : parfumerie, supermarché, vente à distance ou pharmacie. Si le développement d'Internet comme circuit de distribution (au-delà de sa fonction de vitrine) a été plutôt lent et plutôt réservé aux distributeurs off-line, la situation évolue avec l'éclosion de e-boutique de marques (Lancôme en a été l'un des pionniers parmi les grandes marques, bientôt rejoint par Mugler, Clarins, Dior...). Il faut dire que le renversement des pouvoirs au profit des distributeurs, avec l'avènement des chaines et la disparition progressive des indépendants, oblige les marques à revoir leur position et à tenter d'établir un lien plus direct avec leurs clients. D'où la création de site d'e-commerce en propre mais également la diversification des circuits de distribution.

Les frontières tombent : les marques de parfumerie cherchent des relais de croissance dans la vente à distance grand public (Lacroix, Mugler), certaines marques sont simultanément lancées en parfumerie et en supermarché (Céline Dion), des marques de pharmacie concurrencent clairement la parfumerie... Une confusion des genres qui présagent d'un éclatement et d'une redéfinition des univers de distribution. Ce ne sera plus le mode de distribution qui définira la catégorie de la marque, mais la manière dont elle-même se mettra en scène dans ses différents circuits de distribution.

Qu'en pensez-vous ? Voyez-vous d'autres grandes mutations en cours ?

Inspiré du dossier L'entreprise dans 10 ans, Courrier Cadres juillet-aout 2007

19 sept. 2007

Stephane Galienni : "Le triple jeu annonceur-agence-blogueur est en train de se réinventer"

Attention : interview passionnante ! Artiste-peintre plasticien et théoricien en buzz communication : Stéphane Galienni met cette double casquette atypique au service de marques désireuses de bénéficier pleinement de la caisse de résonance sans égal qu'offre Internet, avec éclat et créativité. Un talent indéniable dont témoignent ses deux opérations, pour Jean-Paul Gaultier et Lancôme. Quand le buzz rencontre l'art...

Comment es-tu devenu "créateur de buzz" pour des marques ?

J’ai un profil atypique de communiquant, car le « buzz » a toujours fait partie de ma culture en tant qu’artiste. Après une maîtrise en Art & Communication à la Sorbonne, j’ai débuté en 1998 comme illustrateur chez Publicis, puis comme directeur artistique. A la bonne école, formé par le brillant Eric B. aka Darkplanneur, j’ai appris les grands principes du métier de créatif mais surtout une solide culture publicitaire. En 2003, je quitte le Groupe pour revenir à mes activités artistiques, notamment la peinture. Fourmillant de projets et de rencontres, je navigue entre commandes publicitaires et artistiques, notamment aux côtés d’Alexandre Very et d’Emmanuel Vivier, avec qui nous formons le trio fondateur du portail Culture Buzz.

Je réalise par la suite de nombreuses campagnes « buzz » pour de petites et grandes agences parisiennes, de 2003 à 2007, avec toujours à l’esprit l’envie de créer, d’innover. Hors agence, je travaille directement pour l’industrie du luxe qui cherche ses repères sur le net. D’abord sur le concept viral de lancement pour Terre d’Hermès, puis sur Fleur du Mâle de Jean-Paul Gaultier, et enfin Trésor de Lancôme. Je conseille d’ailleurs actuellement davantage d’annonceurs du secteur luxe, culturellement et traditionnellement habitués à collaborer avec des artistes.

Comment as-tu découvert Second Life ?

J’ai découvert Second Life comme tout le monde, mais un tout petit peu avant tout le monde ! J’ai ouvert un compte en 2005 mais j’ai commencé à m’y intéresser vraiment en septembre 2006, avec l’implantation de Dior. Curieux d’y remettre les pieds, j’ai découvert un monde passionnant, révolutionnaire, étonnement créatif, et plein de possibilités !

Contrairement à beaucoup de mes confrères blogueurs, je pense que Second Life est un phénomène de fond, dont la courbe d’adoption est relativement longue sur le média Internet. La découverte du phénomène en cette année 2007 n’est que la conséquence du dépassement d’un "tipping point", un point de bascule qui assure maintenant son rythme de croisière …L’avenir de Second Life est résolument le développement de nouvelles expériences d’immersions dans le média Internet, donc porteur d’avenir. Et si le web 3.0 était un web en 3D participatif ?

Tes deux dernières opérations dont j'ai connaissance, Fleur du Mâle et Trésor sont très différentes : Second Life est le coeur du dispositif de la première, et davantage un relais pour la seconde...

Picasso disait « ne jamais faire deux fois la même chose »…De la même manière, j’ai toujours conçu des campagnes comme des pièces uniques et sur mesure. Or, l’avantage avec le monde du luxe et du parfum, c’est qu’il y a toujours une histoire à raconter. Chaque proposition scénaristique selon moi doit être propre à l’ADN de la marque, évocatrice de son sens caché, du message inconscient qu’elle délivre. Un ré-enchantement permanent.

L’éclosion de fleurs virtuelles sur Second Life au premier jour du printemps pour Fleur du Mâle est une proposition poétique et surréaliste, redoublant d’efficacité marketing en terme de sens et de visibilité. Mais si Second Life est l’épicentre de la campagne buzz, la stratégie d’approche RP et de propagation virale a été orchestrée à l’extérieur du monde virtuel : le choix ou «casting» des influents a été déterminant sur cette campagne car il fallait sélectionner des blogueurs a priori prescripteurs du créateur Jean-Paul Gaultier mais qui, en plus, étaient visiteurs occasionnels ou résidents assidus de Second Life. Après le happening virtuel, il faut savoir qu’une soirée privée a eu lieu dans la vraie vie, à la Maison Blanche, où les influents se sont vus offrir de vraies roses blanches ainsi qu’un flacon 75 ml du parfum. Sur les 30 influents sélectionnés, 28 ont acceptés l’invitation et sont venus sur Second Life. Avec un taux de retour à 98% d’avis neutre ou positif sur les 120 blogs monitorés, on peut considérer que l’approche qualitative est bien payante.

Il faut donc comprendre que l’implantation d’une campagne sur Second Life doit être transversale à d’autres moyens, comme les blogs par exemple. Pour la révélation de la nouvelle égérie de Trésor, Kate Winslet, il est intéressant de noter l’éventail d’une communication à 360° : tandis que Kate Winslet est révélée à un dîner privé réunissant 180 VIP presse au musée Rodin, une dizaine de VIB (very important blogueurs) assistaient à cette révélation depuis l’Institut Lancôme tandis que 60 autres avatars vivaient l’instant au pied de la tour Eiffel du Paris virtuel, sur Second Life. Trois approches, mais aussi trois publics différents, tous leaders d’opinions dans des environnements reliés à la marque. Le relais du buzz prend aussi quand le dispositif lui-même donne matière à parler.

A quel stade interviens-tu : en amont, pour créer le concept même de l'opération, plus en aval pour contacter les blogueurs et leur faire connaitre l'opération, plus loin encore pour maintenir le buzz... ?

J’interviens à chaque stade, en amont et en aval, mais à des niveaux d’implications différents, où je peux déléguer l’opérationnel à des partenaires compétents. J’ai d’ailleurs ma propre théorie là-dessus, inspiré de mon expérience à mi-chemin entre l’art et la publicité. C’est une forme d'«art balistique » qui consiste à négocier le bon message au bon moment, dans la bonne direction…et à la bonne personne ! Il faut prendre en considération tout un ensemble de paramètres risquant d’interférer ou de perturber le message viral durant sa propagation, en amont.

Dans la pratique, les techniques de marketing viral ou buzz marketing sont devenues tellement standard qu’il faut toujours trouver un angle d’attaque créatif juste - pas trop avant-gardiste ni déjà-vu – pour pérenniser sur un message impactant mais ouvert, permettant de multiples rebondissements.

Qu'est-ce qui t'a amené à accepter ces collaborations ?

L’argent, bien sûr ! Mais pas seulement. Ancien salarié d’agence, puis consultant indépendant et surtout artiste, j’ai aujourd’hui le luxe de choisir mes clients, ou en tout cas de refuser une commande. De ma trentaine confirmée, j’accepte une collaboration si elle me fait découvrir de nouveaux chemins ou de nouveaux défis, comme second life par exemple.

Comment la blogosphère accueille-t-elle ces initiatives de la part des marques ? quelles sont les choses à faire et à ne pas faire sur Second Life ?

Pour Second Life, il n’y a pas de règles, c’est vraiment la conquête d’un monde virtuel avec ses pionniers et ses terres promises…Je ne crois pas à des recettes miracles mais vraiment au cas par cas. Donc je dirais que ce n’est pas Second life qui importe, mais le discours que la marque souhaite y établir. Puis, après une première phase de découverte ouverte par les marques pionnières, les annonceurs vont devoir maintenant s’implanter avec une stratégie long terme, et considérer Second life comme un vrai média plus qu’un gadget RP.

Comment la blogosphère et les fans de Second Life jugent-ils ton rôle ?

Les blogueurs ne me situe plus très bien, je crois ! Artiste-touche-à-tout, buzzer, blogueur, pocketfilmer, performer, consultant…mon blog est devenu un incroyable fourre-tout de mes activités ! En réalisant des happenings virtuels sur Second life, je pense qu’on doit me prendre vraiment pour un extra-terrestre ! De l’autre côté, les puristes de SL me connaissent mais il faudrait que je m’immerge davantage dans ce monde pour devenir leur « ami ». J’ai traversé suffisamment de milieux communautaires pour comprendre les limites du genre, ce qui m’intéresse c’est comprendre l’éco-système d’un groupe social. Je crois que l’artiste a pour rôle d’être un « passeur d’idées », donc à la frontière de beaucoup de communautés !

Y'a-t-il encore une méfiance des blogeurs vis-à-vis des tentatives de séduction des marques ?

La vulgarisation de la pratique buzz génère aujourd’hui de la buzz victim. Les blogueurs prisés par les agences et les annonceurs ne font finalement plus que relayer du buzz ou tester des produits, ce qui devient improductif pour tout le monde. Le triple jeu annonceur-agence-blogueur est en train de se réinventer, notamment par l’événementiel qui redonne la place à l’humain et l’émotion sur la découverte d’un produit ou d’un service. C’est particulièrement valable pour le luxe, où la notion de service et la politique relationnelle prime.

La publicité dans sa globalité est déjà omniprésente alors autant respecter, sur un média qui l’autorise, la relation qui unit une marque et un ensemble de consommateurs appropriés. Avec les blogs, on passe du support au « supporters » de marque.

Je crois surtout que le modèle prédominant en 2008, sera celui de « brand community » avec de nouveau métier comme le « community relation manager » et des nouveaux terrains d’adoption comme facebook, Twitter ou Second Life.

Qu'est-ce que ces opérations de buzz apportent particulièrement aux marques de luxe ?

Si le buzz repose pour beaucoup sur les blogueurs, la blogosphère se divise aujourd’hui en constellations d’affinités. Or, on arrive aujourd’hui a la limite de la pratique avec un nombre croissant de campagnes « buzz » calquées les unes sur les autres et qui participent de surcroît au brouhaha général ! Je crois que le luxe a une histoire différente à raconter, mais par un mode opératoire plus subtil pour une cible qualifiée. C’est en limitant l’accès à son monde et ses secrets que les marques du luxe feront le plus bel effet. Le luxe n’a pas besoin de crier pour se faire entendre. Le luxe est chuchotement.

Un grand merci à Stéphane d'avoir répondu à mes questions.

17 sept. 2007

La publicité-spectacle fait son grand retour

C'est le grand come-back de la publicité-spectacle ! Cet article des Echos annonce ainsi la résurgence de ce qui fut la signature de la créativité publicitaire des années 80, à savoir des écrans télé accueillant dans la démesure des spots inspirés du théâtre ou de l'opéra, de véritable mini-clip, des sagas publicitaires inventives et grandioses (Perrier, Kodak, Lee Cooper...). Le président de M&C Saatchi GAD indique ici : "A la fin des années 1980, on a assisté à un effet de ciseaux qui a provoqué sa perte : d'un côté, en effet, des consommateurs qui commençaient à subir la crise et une perte de leur pouvoir d'achat et, de l'autre, des productions extraordinairement coûteuses pour vanter une voiture ou un soda, qui leur paraissaient déconnectées de leur vécu".

Le parfum ne fut pas en reste et certaines campagnes de l'époque ont une telle rémanence que le grand public a à peine remarqué les publicités plus récentes, ne gardant en mémoire que les pubs fleuves de ces années magiques et insouciantes : Egoïste de Chanel, Fahrenheit de Dior, Obsession de Calvin Klein, Coco de Chanel...

Le spectaculaire, une réponse à Internet

Mais si les publicités d'alors donnaient dans l'extraordinaire, c'était surtout parce que le succès se devait d'être affiché avec éclat, dans ce qu'on appelle maintenant les années-fric. Aujourd'hui, si le résultat est proche, l'enjeu est bien différent : le consommateur est saturé de publicité et la pub TV est banalisée par Internet, avec des mini-films plus drôles, plus osés, plus délirants. dans la droite ligne de l'advertainment. La télévision doit réagir et offrir à son tour de l'imaginaire et du spectacle, d'où la création de spots fleuve à grand budget. Et c'est sans surprise Nicole Kidman pour N°5 qui sert ici d'exemple.

La révolution technologique a également une influence sur la création elle-même : le grand public s'est habitué à un certain type d'écriture visuelle spectaculaire à base d'effets spéciaux, auquel s'ajoute dans le cas de la publicité l'obligation d'être distinctif et attractif.

Le parfum et le spectacle

Un univers comme le parfum, totalement drivé par l'imaginaire, est évidemment très lié à sa capacité à créer des territoires publicitaires étonnants, différents, magiques. C'est d'ailleurs presque une marque de fabrique pour Chanel, habitué des productions hollywoodiennes pour ses lancements majeurs. Etonnamment, parmi ses concurrents, il n'y a pas eu tant de campagnes récentes susceptibles de faire vibrer le grand public. Les marques prendront-elles le train de la pub-spectacle en route pour apporter leur pierre à l'édifice ? Elles ont en tout cas une belle carte à jouer. Dernièrement, des publicités comme Coco Mademoiselle (encore Chanel !) ou Midnight Poison (Dior) s'inscrivent en tout cas en beauté dans cette lignée.

Le film publicitaire Midnight Poison de Dior, signé Wong Kar-Waï, et dont Eva Green est l'égérie :

13 sept. 2007

Coco Mademoiselle : Chanel a le sens du spectacle

L'histoire du parfum Coco Mademoiselle est presque un miracle dans l'évolution récente du marché. D'un lancement presque tactique il y a 7 ans, particulièrement destiné aux Etats-Unis, Coco Mademoiselle s'est hissé progressivement au 2e rang mondial derrière un autre Chanel, le mythique N°5, inaugurant une vague de chypres modernes plus frais et léger que leurs prédécesseurs. La marque n'a pas ménagé ses efforts, mais sans toutefois épuiser toutes ses cartouches : notamment jusqu'ici il n'existait pas de film publicitaire, uniquement un visuel renouvellé chaque année (dont Kate Moss était l'égérie ces 5 dernières années).
Aujourd'hui, la marque met sa force de frappe et son sens du spectacle au service de Coco Mademoiselle, avec un film publicitaire magique dans lequel Keira Knighley tient le rôle principal. Et plus encore que le film, qui marquera sans nul doute les esprits, c'est encore une fois le dispositif qui entoure son lancement qui va créer le buzz, comme dans un passé récent pour le Rouge Allure (lire ma note sur ce sujet ici) et Chanel N°5.

Coco Mademoiselle s'adresse à une clientèle plus jeune que le pilier N°5, et par conséquent le parfum est particulièrement en affinité avec le média Internet. Le New York Times détaille une partie du dispositif on-line et off-line :


- une campagne pub classique sur des sites majeurs

- un site http://www.mademoiselle-forever.com/ présentant une visite virtuelle des appartements de Coco Chanel ainsi que des videos relayant une opération de "street marketing" de luxe à Londres, Paris, Hong-Kong, Tokyo et New York (des citations de Chanel sur la mode, le style et la beauté, projetées sur des façades d'immeuble)

- 100 (et non 200*) bloggeurs ont reçu un kit de communication ainsi qu'un accès en avant-première à un site web présentant le making of du film


- 15 (et non 12*) bloggeurs star ont été invités à Paris afin de visiter l'appartement de Chanel (lire tout le récit de Géraldine ici, toutes les Chanel-addicts la haïssent déjà - merci à Greg pour l'info)

- Les bloggeurs et les clients ont reçu un accès à un site web présentant la version 60" du film publicitaire.

- dans les boutiques Chanel, un écran interactif réagissait aux mouvements des passants, les miroirs pivotants pour révéler la première image de Keira Knightley…


On ne peut qu'admirer Chanel de montrer ainsi la voie aux autres marques, s'agissant d'actions de buzz marketing inspirées et haut de gamme qui ne font qu'amplifier les effets de la campagne publicitaire classique, et, au-delà, l'aura de la marque.

En comparaison du film, le visuel me laisse plus dubitatif. On n'y retrouve en effet guère les éléments les plus marquants du film. Je l'interprète comme une volonté de rester proche du précédent visuel avec Kate Moss au travers de détails communs (pose, accessoires...), avant d'utiliser l'année prochaine d'autres visuels issus de l'ambiance du film, comme on l'a vu pour Chanel N°5 dont le visuel a changé chaque année, rappelant à chaque fois une scène différente du film avec Nicole Kidman.

Le making-of



A lire également l'article sur Culture-Buzz

Crédit photo : Chanel

*merci à Lady V pour ces précisions (voir commentaires)

12 sept. 2007

Photo cosmétique

HP innove avec des appareils photo à visée "cosmétiques". Deux nouveautés ont ainsi une fonction retouche automatique : l'une déforme légèrement la photo pour un effet amincissant, l'autre comporte un algorithme anti-âge supposé réduire automatiquement les rides et autres signes de l'âge.

La marque annonce également pouvoir prochainement intégrer une fonction conseil aux appareils photo : la photo de l'utilisatrice, prise avec son portable, est envoyée par MMS à un serveur qui "maquille" automatiquement le visage puis lui renvoie une proposition de maquillage.

La photo cosmétique : une voie d'avenir pour les fabricants ? A lire les réactions mitigées des passionnés de photo en commentaires des blogs liés plus haut, il y a encore du progrès à faire d'un point de vue technique pour que le résultat soit impeccable. Et en matière de beauté, c'est la perfection qui fait foi.

Crédit photo : HP

10 sept. 2007

Les 8 commandements du blog marketing

Le blog marketing est un vrai défi pour les marques de beauté. Comment s'affranchir des modes de communication traditionnelle, bien ancrés dans les habitudes ? Les bloggeurs concurrencent-ils les sacro-saints journalistes beauté, faut-il leur parler différemment ? Faut-il accepter que les discours marketing soit transformés, remis en question, voire dénaturés ? Ce dialogue n'est pas inscrit dans les moeurs des marques, particulièrement dans l'univers du luxe, et pourtant il devient incontournable.

Après avoir lu les notes particulièrement inspirées du blog de Cedric [1], qui ont été un excellent point de départ, j'ai réuni ici quelques règles utiles à destination des marketeurs

1 - Tu te mettras au blog marketing
Selon une étude Ipsos réalisée en 2006, 44% des internautes s'informent sur un blog avant l'achat d'un produit. Le phénomène des blogs amène ainsi une redéfinition des pratiques marketing : après le marketing de masse puis le marketing one-to-one, on est dans le marketing consumer-to-consumer. C'est désormais le consommateur-bloggeur qui parle et influence directement d'autres consommateurs, son discours est moins controlé et donc a priori plus digne de confiance, avec un impact positif ou négatif sur les ventes des produits. Les marques doivent donc nécessairement être présente sur les blogs.

2 - Tu ne tricheras point
Les marques peuvent-elles confondre influence et manipulation ? Même s'il est plus fun de parler de guerrilla marketing ou d'undercover marketing, utiliser le blog pour faire de la promotion pure et dure à visage caché n'est pas en phase avec l'éthique de la blogosphère. Et le retour de baton peut être rude.

Si par "blog marketing" on parle de communiquer avec ou sur les blogs, certains pourraient entendre par là "créer un blog à la gloire de ces produits". C'est généralement une erreur. De très nombreux cas de flogs (fake blogs), aux Etats-Unis (Wal-Mart, Sony PS3), en France (Vichy), en Allemagne (CKin2U) ont démontré que les bloggeurs identifient sans difficulté qu'un blog qui fait l'apologie d'un produit est nécessairement louche, et une fois démasqué, cela peut faire très mal. Même principe qu'"acheter des bloggeurs" pour qu'ils s'extasient sur un produit. Dans tous ces cas limites, le risque de générer un buzz négatif est énorme, et il existe des moyens plus honnêtes d'obtenir un meilleur résultat !

3 - Tu engageras un dialogue long-terme avec les internautes
Même dans le cas d'un blog ouvertement créé par la marque pour un produit, et communiqué comme tel en toute honnêteté, le procédé est plus éthique mais le résultat n'est pas forcément efficace. Susciter l'intérêt de la blogosphère dans ce contexte n'est pas évident. Ce qui fait l'intérêt d'un blog, c'est généralement la création d'une relation long terme et personnelle qu'entretient le bloggeur et ses habitués. Un blog de marque éphémère, ou au ton trop policé, trop institutionnel, peut être assez dissuasif pour les internautes.

Les consommateurs se fient moins aux discours de marques et davantage à l'avis d'autres consommateurs sur le net. Mais faire une grosse initiative ponctuelle auprès de bloggeurs-stars n'est pas forcément le meilleur moyen d'être bien vu. Par exemple, j'ai déjà mis en garde les marques contre une présence éphèmère sur Second Life, dans le cadre d'un évènement de relation publique, qui risque d'être taxée d'opportuniste par les participants qui sont sur Second Life dans une optique long terme et préfèrent les marques qui s'investissent sur la durée pour bâtir ce monde virtuel. Dans le même esprit, la relation avec les bloggeurs doit s'établir sur le long terme avec la marque, plutôt que ponctuellement avec un seul produit.

Et lorsqu'il s'agit d'aborder le bloggeur, quelques conseils ne sont pas inutiles pour éviter les erreurs basiques de la prise de contact dont nous faisons tous les frais (message-bateau "wahou je kiffe ton blog et si tu parlais de notre crème supersonique ?", mauvais ciblage "la crème supersonique est une crème chantilly qui intéressera certainement vos lecteurs gastronomes", relance quasi-immédiate et limite agressive "comment se fait-il que vous n'ayez toujours pas parlé de la crème supersonique alors que nous vous avons envoyé un mail ce matin ?" etc...).

4 - Tu ne confondras pas bloggeurs et journalistes
Le journaliste a pour métier, et pratiquement pour obligation, de transmettre les informations, et dans la plupart du cas, avec une relative neutralité. Le bloggeur, aussi "pro" soit-il, choisit librement ses sujets et a toutes les bonnes raisons de donner son opinion, fut-elle très négative. Il faut donc savoir approcher le bloggeur avec une information qui va l'intéresser, si le bloggeur y trouve un bénéfice. De même, le bloggeur ne dispose pas toujours de l'équipement et des infrastructures d'un journaliste. Parfois, un détail aussi insignifiant qu'oublier de fournir au bloggeur une photo du produit conduit à avoir des images hideuses ou pas d'image du tout sur le blog, et dans le cas d'un produit dont l'intérêt est d'abord très visuel, cela peut même dissuader le bloggeur d'en parler.

5 - Tu attacheras autant d'importance à la forme qu'au fond
Si le contenant a évidemment une importance décisive pour emporter l'adhésion des consommateurs, le buzz, lui, n'est pas uniquement généré sur la base d'un bon produit. Les messages qui profitent le mieux de la viralité d'Internet sont ceux qui ont su prendre une forme étonnante, originale, suffisamment différenciante pour mériter d'être diffusée. Il est donc essentiel d'habiller le message pour qu'il vaille le coup d'être montré sur un blog, exposé dans une notes, transmis d'un internaute à l'autre. Ce qui suppose évidemment une parfaite connaissance des ressorts de la blogosphère. Pensez par exemple à la fameuse video virale Dove, idéalement pensée, en terme de format et d'impact, pour le web.

6 - Tu accepteras de perdre le contrôle
Générer du buzz, c'est laisser le message évoluer et se propager par lui-même. Son contenu, sa teneur, son esthétique peuvent être ainsi modifiés, transformés, et parfois ternis par les relais que sont les bloggeurs et les internautes en général. Ce que la marque peut perdre en perfection, elle le gagne en authenticité et en crédibilité. Pour une marque de luxe, il peut évidemment être difficile à digérer que la belle communication de son grand parfum institutionnel devienne un texte bourré de faute d'orthographe ou en langage SMS (" N°5 c trop cool lol ;-) "), mais si on a ce type de réserve, difficile de profiter à plein de la viralité du buzz. Cela n'exclut pas pour la marque de surveiller le buzz, et éventuellement réagir sur les blogs pour recadrer en douceur, clarifier des incompréhensions etc...

7 - Tu te prépareras à un éventuel buzz négatif
Qui dit buzz, peut vouloir dire buzz négatif, et cette donnée doit également être intégrée. Là encore, il faut être attentif et être prêt à réagir pour offrir réparation. Sur son blog, Olivier décrit ainsi comment, après avoir critiqué les services de la chaine de restaurant Sticky Fingers, s'est vu offrir un vrai dédommagement qui démontrait combien ils tenaient compte des avis de leurs clients. Il est donc possible de contrer un buzz négatif et même de le retourner en sa faveur en se montrant attentionné, compréhensif, réactif, en démontrant son intérêt pour les commentaires donnés. Si un internaute remet en cause les promesses de la marque, pourquoi ne pas faire intervenir, de manière officielle, un expert de la société qui explicite les tests conduits sur le produit et les résultats obtenus ?

8 - Tu ne te glorifieras pas d'un peu de "meta-buzz"
C'est mon obsession, que je rabâche de messages en messages (par exemple ici et ici) mais cela me semble primordial. Trop d'actions de blog marketing sont visiblement axées sur la création de buzz auprès des fans de buzz, des bloggeurs spécialistes du buzz, du marketing on-line et des blogs. L'initiative est ainsi relayée dans le circuit fermé des amateurs de buzz qui se lisent les uns les autres, sans nécessairement toucher au final la cible véritable du produit. Une réussite quantitative (beaucoup de blogs ont parlé du buzz) pour une efficacité qualitative moindre (mais peu de blogs dont les lecteurs sont réellement mes clients).

Pour des produits de beauté, il est donc évidemment essentiel que les bloggeurs impliqués en priorité (mais pas forcément exclusivement, bien sûr) soient les bloggeurs de l'univers beauté, ceux dont les lecteurs (et lectrices) viennent glaner sur les blogs des infos beauté. Mieux cibler, c'est mieux performer.

Lire également ma précédente note sur le blog marketing

[1] A lire, les notes suivantes sur le blog de Cedric :
- 3 règles à respecter dans l'utilisation des blogs
- 5 nouvelles règles pour les marques sur Internet
- Marques, n'ayez pas peur du buzz

Crédit photo : capture d'écran du défunt blog de Vichy "journal de ma peau"