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5 janv. 2008

Les parfums nom de code

Trésor, J'Adore, Flower, Pleasures, Hypnôse... Le nom de baptême des grands parfums se doit d'être un mot-concept, un mot-tiroir aux évocations vastes et multiples. De quoi condenser en un mot un univers fort, distinctif, unique, profond. Mais cet exercice est très contraignant : aujourd'hui, trouver un nom suffisamment international pour être compris par tous, qui n'ait aucune connotation négative ou contre-productive, et surtout libre (c'est-à-dire non déposé) dans tous les pays, voilà un challenge qui parait souvent insurmontable. Avoir dans ses archives un tel nom, encore déposé et disponible, constitue souvent une richesse forte pour une entreprise, et dans le contexte actuel il n'est pas rare de voir revenir d'anciens noms (Rumeur de Lanvin...), ou qu'une société rachète un tel nom à une autre... Les sociétés préfèrent également utiliser plus directement le nom de la marque, le prénom ou le nom du créateur, qui permet également de limiter les contraintes légales mais aussi de réaffirmer la marque et de bâtir sa notoriété (Nina de Nina Ricci, Terre d'Hermès, Dior Homme...).

Osmoz identifie justement une tendance renouvellée aux "parfums-nom de code", où une lettre ou un chiffre (M7, Gucci II) fait office de nom. Certes, dans ce cas, le principe du dépôt de nom est plus souple. Mais bien heureusement ce n'est pas qu'une question légale : une lettre ou un chiffre peut tout à fait offrir un nom chargé de mystère et ouvrir à de multiples interprétations. Après tout, avec les illustres n°5, Y de Saint-Laurent ou Ô de Lancôme, la voie est déjà tracée !

Récemment, on a ainsi assisté à plusieurs lancements fondés sur une seule lettre : le b revisité par Agnès B, D de Diane de Furstenberg, F! de Fragonard, F de Ferragamo, L de Lolita Lempicka, L de Lamb Gwen Stefani, M de Mariah Carey, S de Scherrer, TL de Ted Lapidus, V de Valentino, XX et XY de Hugo Boss, CK Man... Souvent c'est l'initiale du créateur qui renvoit aux monogrammes devenus des logotypes pour de nombreuses marques sur les étuis et flacons (double G pour Gucci Envy, CH pour Caroline Herrera...), voire inspirant la forme même des packagings (le H pour le flacon Terre d'Hermes, T pour Tommy Hilfiger...).

A relire : l'interview de Cyril Gaillard de l'agence Benefik, spécialisée dans la création de noms

Crédit photo : Boss

12 déc. 2007

Dove attaqué sur ses videos virales

Lu sur le site du Monde et sur CultureBuzz : après le succès de sa toute première video virale "Evolution", et le lancement d'une nouvelle video intitulée Onslaught (qui met en garde les parents sur l'influence négative sur les jeunes filles des publicités de l'industrie cosmétique, voir ma note ici), Dove est attaqué sur la sincérité de ce discours très militant. Motif : Dove appartient au groupe Unilever, dont l'autre fer de lance, Axe, n'hésite pas à célébrer le mâle dominant et la femme-objet décérébrée. Une approche certes humoristique, mais perçue comme contradictoire avec l'approche Dove.

Dans ce faux spot diffusé sur le net, et reprenant la structure et le principe de la video Onslaught, les images de femmes ont été remplacées par des scènes de publicités Axe…



Citée par le monde, Sharon McLoad, directrice de la marque Dove, a déclaré "Le viral crée un dialogue, il faut accepter les opinions différentes". C'est effectivement le risque des stratégies de création de buzz, il faut être relativement irréprochable si on ne veut pas risquer un retour de baton... Dove est sans doute allé un peu loin dans sa logique : à trop vouloir insister sur son éthique, elle n'a fait qu'encourager la critique, et la contre-attaque. Mais qui disait que ce soit en mal ou en bien, l'important c'est de faire parler de soi...?

Pour autant, et comme l'a parfois été la mauvaise expérience du premier blog lancé par Vichy, cette controverse ne doit pas être un bon pretexte pour le management des marques pour rester frileuse vis-à-vis du web. Ces expériences montrent les limites des stratégies 2.0, sans pour autant en ternir l'intérêt. Elles dessinent le cadre, à chaque marque d'écrire sa propre histoire en la matière.

9 oct. 2007

Dove à l'assaut de l'industrie de la beauté

Dove tente de réitérer le coup de maître qu'avait constitué la vidéo virale "Evolution", génératrice d'un buzz énorme sur Internet, avec une nouvelle vidéo intitulée "Onslaught". Elle met en scène une pré-ado submergée par les images liées à la beauté (cosmétiques, lingerie, chirurgie plastique, régumes, etc...), s'achevant par cette accroche "parlez à votre fille avant que l'industrie de la beauté le fasse à votre place".



Dove va un cran plus loin que ses précédentes communications, puisqu'il s'agit d'un véritable procès de la beauté, jouant sur des ressorts émotionnels très forts. Des centaines de millier d'internautes ont déjà visionné la vidéo. Le message est certainement très efficace, parfaitement adapté au format Internet et aux mécaniques de buzz (format court idéal pour Youtube, images choc, discours militant...), les retombées pour Dove à mon avis un peu contestables. A vous de juger !

Merci à Signalsurf pour cette info !

10 janv. 2007

Dove, buzz et parodies

CultureBuzz consacre un article de sa newsletter au buzz du buzz, où comment une campagne de buzz à succès peut ensuite engendrer des parodies qui prolongent le buzz, sans aucun effort de la part de la marque... et sans aucun contrôle non plus.

L'exemple type est la fameuse vidéo Dove, qui retraçait les étapes de maquillage, de coiffure, de retouches photoshop qui transforme une fille ordinaire en top model, et par conséquent tend à transformer notre vision de la beauté, vidéo dont Culture Buzz présente deux parodies qui en reprennent très précisément les codes, les attitudes, les décors :
- l'une est effectivement une parodie, un jeune minet est transformé en vieil obèse avec pour message "heureusement que notre vision de la beauté est transformée, personne ne veut voir la laideur" : l'exact opposé de la vidéo initiale mais le message Dove n'en est que réaffirmé
- l'autre est également une parodie mais le message est en fait le même que le film initial : un homme est progressivement transformé en femme, le slogan étant "qui définit ce que vous êtes ? pourquoi écoutez-vous ? révoltez-vous !"

Dans les deux cas, ces vidéos prolongent le buzz autour de la campagne Dove. Ces deux exemples profitent à Dove... mais le propre d'Internet, c'est que la prochaine vidéo pourrait évidemment jouer l'effet contraire.

16 nov. 2006

Dove : infos sur le buzz gagnant

Suite de ma note sur la Cosmétique 2.0, ou comment les marques de cosmétique s'adaptent aux nouvelles évolutions du web. J'y citais le cas de la campagne de buzz marketing de Dove.

La campagne buzz marketing de Dove vue par PRLand : Eric Maillard analyse le pourquoi du succès de la fameuse video ("une vidéo étonnante ou drôle, dans l’air du temps, avec juste ce qu’il faut d’outils pour que la mécanique virale se lance facilement"), et les ressorts du buzz. Notamment j'y ai découvert le lien vers la plateforme créée par Dove pour lancer et soutenir le buzz, jusque là je pouvais constater le buzz spontané suscité par la vidéo mais pas quelle était l'action de Dove pour le soutenir. C'est chose faite !

A méditer pour de futures actions de communication.

Technorati recensent des blogs qui ont parlé Dove Evolution (graphique : notes par jour durant les 30 derniers jours). Les chiffres de Technorati montrent que le buzz est désormais en phase décroissante, pour une vue sur plusieurs mois c'est ici
Technorati Chart

8 nov. 2006

Cosmétique 2.0 : beauté et e-buzz

La cosmétique est-elle insensible au Net ? On peut se poser la question, car peu de grandes marques ont aujourd'hui une stratégie d'investissement suivie, forte et cohérente sur le web. Comparée à la sur-présence de la cosmétique et des parfums en pub télé, en affichage et en presse magazine, Internet ne parait pas être une priorité pour les marques. Quant au Web 2.0, cet Internet nouvelle génération, participatif et interactif, où le pouvoir est entre les mains de l'internaute, c'est pratiquement un gros mot : le secteur, habitué à conserver une distance respectable avec sa clientèle pour préserver le rêve, serait-il mal à l'aise lorsqu'il s'agit d'ouvrir le dialogue ?

Le phénomène Dove, signe d'un tournant ?

J'ai déjà évoqué ici l'excellente vidéo Dove qui dévoile comment le maquillage, la coiffure, l'éclairage et of course photoshop parviennent à transformer madame-tout-lemonde en top model. Je l'avais analysé à ce moment-là comme un nouvel épisode, brillant et bien amené, d'une saga publicitaire qui détonne dans l'univers de la cosmétique.

La lecture de dizaine de blogs m'amène à faire une seconde lecture de cette campagne : c'est l'un des rares, et l'un des plus puissants exemples de marketing viral sur Internet pour une marque de cosmétique. La video est disponible sur une foule de sites, y compris des sites qui ne traitent généralement pas de cosmétique. Cela signifie que, sans budget publicitaire, potentiellement des millions de personne ont pu voir cette publicité. Chaque vidéo étant accompagnée d'un mot de l'éditorialiste du site, elle a donc été vue avec une attention accrue, un intérêt bien plus grand qu'une publicité classique à la télévision.

Les marques de cosmétique les plus connues sont encore très frileuses sur Internet. Difficile en effet d'adopter le Web 2.0, de laisser la parole aux consommatrices pour des marques habituées à créer le rêve et l'étonnement en conservant une certaine distance, une certaine hauteur vis-à-vis des consommatrices. En outre, Internet, jusqu'à un passé proche, était considéré comme un univers plutôt masculin. Bref, les marques ne s'étaitent pas encore lancé.


Youtube regorge de publicités de parfum, et pourtant on ne les retrouve pas sur l'ensemble des blogs : qu'est-ce qui fait ici la différence ?

La video Dove répond à un certain nombre de critères typiques des videos qui se propagent sur Internet : un format simple ne nécessitant aucune technologie lourde; une durée courte et une enchainement d'actions à l'écran qui motive à le visionner dans sa totalité; une démonstration très visuelle, évidente et implacable; un message très fort, étonnant, qui dévoile les coulisses de ce à quoi chacun est exposé au quotidien et a un fort impact émotionnel. Dès lors, le partager, le montrer à d'autres, c'est leur révéler à eux aussi un secret, une vérité, une même émotion. Cette campagne est tellement en phase avec le message porté par Dove depuis 2 ans que la force du message en est démultiplié. Coup de chapeau à Dove, car c'est magistral !

Sur le site de Culture Buzz, j'ai notamment été frappé par cette citation : « Les entreprises qui profitent le mieux du marketing viral sont généralement celles qui vendent des produits propices aux achats d’impulsion et donc sensibles aux informations reçus de la part de vos amis », indique David Zinman, fondateur de AdKnowledge, une société de web marketing à Palo Alto en Californie. La beauté n'est-elle pas, du moins pour une grande partie de ses segments, un univers typique d'achats d'impulsion ?

Viral, blogs : les premières pistes

J'ai déjà évoqué sur ce blog les initiatives des marques pour créer des blogs de marque : après le flop du premier site Vichy, la marque a persisté, suivie sous des formes très différentes par Thierry Mugler, Galerie Noemie, Dior... Des tentatives très diverses pour engager le dialogue avec les bloggeurs.

Autre exemple, la quête d'influenceurs de la beauté. Sephora a lancé récemment en France, d'abord en exclusivité sur son site, la marque américaine Bare Escentuals, spécialisée dans le maquillage minéral et qui cartonne chez Sephora US. Plusieurs blogs féminins ont indiqué avoir reçu les produits pour les essayer et en parler sur le blog, notamment l'excellent mon blog de fille et l'incontournable Sophie Kune. Sophie indique d'ailleurs dans son auto-portrait : "Certaines marques dont je parle sur mon blog m'adressent leurs produits afin que je les teste (notamment la marque Caudalie, Clinique, Estée Lauder, Jo Malone, Origin's, Mac, Tigi, kérastase, L'Oréal Professionnel, Séphora.com, Lise Watier, Agnès b, René Garraud). J'en parle librement, sans aucune contrainte et ne suis pas rémunérée par ces marques pour réaliser des publi-rédactionnels". Preuve que le buzz marketing n'est pas totalement nouveau pour la cosmétique, et que certaines marques en ont déjà mesuré le potentiel...

Ces initiatives restent assez timides : pour des marques dont la créativité est le premier impératif, il reste du chemin à parcourir pour exploiter tous les ressorts des nouvelles évolutions d'Internet.

E-Cultivez-vous !

Plus généralement, le secret de la frilosité des services marketing pour s'investir à fond dans le sujet se trouve peut-être dans cet article très instructif : pourquoi les chefs de produit ne comprennent-ils rien à Internet ? Pour relever simplement l'un des éléments clés, Laurent Bernat considère que la culture marketing est aujourd'hui incompatible, dans ses fondements, avec la culture Internet, et qu'elle doit nécessairement évoluer : le marketing est habitué à délivrer un message (court, répété, simpliste, éventuellement peu sincère, sans feedback du consommateur...) alors qu'Internet est un univers de contenu (dense, relationnel, participatif, non contrôlable...). Le pouvoir se déplace de la marque vers l'internaute, ce qui suppose une nouvelle perspective.

Voici une liste totalement non exhaustive de sites et blogs qui traitent du e-buzz, de la e-influence, du e-viral, du blog marketing etc..., et plus généralement des grandes tendances d'Internet. Je les apprécie particulièrement parce que ce sont des sites de qualité, vivants et accessibles, incontournables pour tout néophyte qui souhaite étendre sa "e-culture" :
- Aziz / E-conomy
- Patrick Amiel / Marketing relationnel et Internet
- Greg / Marketing, sociologie, Internet
- Cyril Attias / Marketing, pub, viral
- La vie en pro de Julio
- Marketing on-line et e-crm par Sebastien Robert
- Carl Hallard multimedia / marketing on the web
- Buzz Marketing / Vavapiolou
- Culture Buzz et BuzzParadise

Je promets de compléter régulièrement cette liste, avec les sites que je serai amené à découvrir ou re-découvrir. Si votre site traite également de ces sujets, n'hésitez pas à laisser un commentaire en indiquant votre URL.

Il n'y a aucune raison pour laisser la cosmétique rester/devenir le parent pauvre d'Internet, car c'est désormais ici que se trouvent les consommateurs et les consommatrices... et pas dans les pages de magazine.

Crédit photo : Dove

18 oct. 2006

Campagne Dove : la vérité sur la beauté ?

Dove a frappé un grand coup il y a un an avec sa campagne "pour toutes les beautés", invitant les femmes à se sentir belle, quels que soient leur taille, leur poids, leur âge... Un discours militant qui a boosté la notoriété et l'image de la marque, mais avec un impact sur les ventes très variable selon les pays.

Nouvel épisode de cette campagne-saga, ce film, à découvrir sur le blog F(utile), dévoile comment une jeune femme ordinaire est transformée par la magie des studios (et de photoshop...) en une créature parfaite. La conclusion de Dove est sans appel : "Pas étonnant que notre vision de la beauté soit déformée". La démonstration est assez implacable.

Crédit photo : Dove / source : F(utile)