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24 nov. 2007

Nuxe s'engage pour un monde plus bio

C'est une initiative marquante pour le circuit des pharmacies : Bio Beauté n'est pas la première gamme bio vendue en officine, mais lorsqu'un tel lancement est réalisé par l'un des leaders du circuit, on s'attend évidemment à ce que cela change en profondeur la vision du bio pour les pharmaciens et leur clientèle. Et Nuxe est l'une de ces marques qui comptent dans l'univers de la pharmacie : comme sa concurrente Caudalie, elle a su créer et promouvoir ce créneau porteur du naturel glamour, alliant le sérieux scientifique de la pharmacie et le charme du circuit sélectif.


"Quand le monde est plus bio, les femmes sont plus belles", tel est le slogan de Bio Beauté by Nuxe. L'objectif affiché : réconcilier bio et glamour, fidèle à l'esprit Nuxe. Les formules, uniquement des textures huile visage et corps, sont exclusivement réalisés à base d'ingrédients d'origine naturelle, 98% des ingrédients sont issus de l'agriculture biologique, avec certification Ecocert. Le choix des huiles est guidé, j'imagine, par les contraintes de conservation des produits bio, mais c'est évidemment aussi une référence au best-seller de Nuxe, la fameuse Huile Prodigieuse. Les packs (verre, papier recyclé) viennent évidemment confirmer l'esprit écolo de la gamme. Le graphisme brut rappelle par exemple celui de l'Occitane, le logo Nuxe s'y fait trés discret. Le manifeste fondateur est d'ailleurs différent de celui de Nuxe : sur chaque étui, une charte baptisée le pacte Bio-Beauté, indique sur quels engagements (éthique, mais aussi plaisir, efficacité...) s'appuie ce lancement. Bref, plus qu'une nouvelle gamme Nuxe, c'est une nouvelle marque qui est ainsi lancée.

J'ai eu la chance de la découvrir en recevant, par le biais de la sympathique équipe de BuzzParadise, la gamme complète : 4 huiles pour le visage (démaquillante, hydratante, clairifante, apaisante), 3 huiles pour le corps (relaxante, raffermissante, nourrissantes). Ce choix d'une campagne buzz destiné aux bloggeurs me parait doublement cohérente :
- parce qu'Internet et les blogs sont un relais essentiel du mouvement bio, et qu'on s'adresse ainsi directement aux personnes déjà concernées, le challenge étant maintenant de séduire les clients habituels du circuit pharmacie qui ne sont pas dans une démarche bio;
- parce que l'une des réticentes courantes vis-à-vis du bio est l'impression que les textures ne vont pas être à la hauteur : amener des bloggeurs à tester les produits et parler de leur expérience, c'est déjà aider à lever cette barrière. J'ai distribué les produits autour de moi, les premiers commentaires sont très bons ! Aucune crainte à avoir de ce côté-là.

A n'en pas douter, ce lancement est un signe fort pour le déploiement du bio dans le circuit pharmaceutique, comme l'a été le rachat de Sanoflore par L'Oréal. En cas de succès, les autres grands acteurs du circuit devraient vraisemblablement emboiter le pas de Nuxe.

Crédit photo : Nuxe

27 sept. 2007

Beauté-test se met au bio

Je connaissais déjà le site beauté-test, impressionnante base de données sur les produits de beauté commentés par les internautes. Evidemment, dans un tel flot d'information, les petites marques bio ne pouvaient guère émerger, d'où la création d'un site jumeau consacré au bio : beauté-test bio, soit 131 marques - pour le moment - classées par type de labels bio (agriculture biologique, cosmebio, BDIH, cosmeco, nature et progrès, écocert...), et toujours les produits soumis aux commentaires des internautes. Une nouvelle mine d'infos pour les adeptes du bio.

Une info lue dans la Gazette Cosmétique

Toutes mes notes sur la cosmétique naturelle ici

15 juin 2007

FemininBio : le portail féminin au naturel

Alice me fait part de la création de FemininBio, dédié au mode de vie bio. Selon le site, 3 français sur 10 consommeraient bio au moins une fois par mois (et 7% d’entre eux le font tous les jours). Le chiffre d’affaires du secteur s’élève 1,6 milliards d’euros et connait une croissance annuelle de 10% depuis 10 ans [1].

Les créatrices du portail, Anne et Eve, sont les auteurs du fameux "Guide des Cosmétiques Bio", et amorcent naturellement la création de ce portail par la rubrique beauté, avant de s'attaquer à la mode, l'alimentation, la maison... Pour Anne, il ne s'agit pas d'une démarche militante, mais d'une mission d'accompagnement : "L’objectif est de partager avec d’autres femmes un mode de vie plus sain, écologique et respectueux du monde qui nous entoure. [...] Nous nous adressons autant à la néophyte qui découvre le bio qu’à l’écolo convaincue. [...] Je crois que nous sommes au tout début d’une révolution verte [...] . On ne peut pas dire : la planète est polluée c’est la faute des industriels et des politiques qui ne font rien. Je n’y crois pas. Je crois à la politique de chaque individu qui dans ses petits gestes de tous les jours va dicter ses choix et préférences aux industriels et aux politiques."

Le portail présente du contenu éditorial sur le thème de la beauté bio, un blog bio, des videos explicatives pour créer ses propres recettes bio, des sélections shopping, des conseils pratiques... Progressivement, les thèmes devraient se diversifier et le site devrait s'enrichir de nouvelles rubriques pour élargir le champ d'action de ce qui devrait devenir un véritable magazine féminin bio sur le net. L'évolution logique de la vague / vogue bio observée sur le net, qui devrait fédérer un large public déjà conquis au thème du bio ou sur le point de l'être.

[1] Source Agence Bio

A lire également :
- tous les articles de Cosmeoblog traitant du bio
- Interview de Violette Watine, créatrice de MademoiselleBio
- Interview de Vigdis Mounier, créatrice Princesse Bio
- Interview de Anne Le Turnier de Cosma Terra
- Interview de Nathalie Baudoin, de l'agence Greenpress

27 mai 2007

La vérité nue ?

Elave se présente comme une marque de soins entièrement formulés sans aucune matière première "à risque", c'est-à-dire sans parfum, sans paraben etc... Pour appuyer son discours, la marque a choisi une démonstration entre science et humour : sur son site "nothing to hide", elle démontre qu'elle n'a rien à cacher... puisque les chercheurs sont entièrement nus.


Merci à Morgazilla pour l'info

21 avr. 2007

Mademoiselle Bio : pour un nouveau monde de beauté

Violette Watine a fondé Mademoiselle Bio, site de vente de cosmétiques bio, après une expérience de plus de 8 ans en marketing, notamment dans le groupe L'Oréal. Elle a bien voulu répondre à mes questions sur la création et l'évolution de Mademoiselle Bio, et plus largement sur les évolutions de l'univers de la beauté.

Comment est né le projet Mademoiselle Bio ?
A l'origine du bouleversement, la naissance de mon premier enfant : avec lui a commencé ma prise de conscience écolo. Mon premier produit de beauté bio a été une huile anti-vergeture. Je voulais le meilleur pour lui. Puis lentement, j'ai cheminé, je me suis documenté et j'ai tout changé chez moi en terme d'habitudes de consommation. Puis, ça ne suffisait plus. J'avais besoin de mettre mon travail en adéquation avec mes valeurs et mes convictions. Du coup, j’ai envisagé de très nombreuses pistes : de l’ONG à la création d’entreprise, tout y est passé. Le plus évident s’est imposé à moi : faire mon métier au service du développement durable. Autrement dit, créer ma propre marque de cosmétiques bio-équitables.

Le changement de mentalité n'était pas complètement opéré. Je raisonnais encore comme un cadre chez le leader du marché. Mes ambitions étaient démesurées : il me fallait innover scientifiquement avec des actifs bio-équitables. J'ai bossé sur le sujet de nombreux mois, aidée d’une direction scientifique costaud.

Comment le projet de création de marque est-il devenu un projet de distribution de cosmétiques en ligne ?
Mon business plan bouclé, je me suis rendue compte que les besoins financiers étaient énormes, les risques majeurs et la pression considérable…. Un peu trop pour une seule femme. J’ai envisagé l’association pour partager les risques, les soucis … Cela ne s'est pas fait. Et tout à coup, j'ai décidé de mesurer mes ambitions, faire un projet à mon échelle : Mademoiselle Bio voit le jour. Nous sommes fin juin 2006. Et je me donne 4 mois pour monter le projet de A à Z et ne pas manquer les fêtes de fin d'année.

Pendant ce temps, j'ai fait un travail de titan pour trouver la solution technique qui me permette d'avoir une véritable approche client, dénicher les marques qui correspondent à mon cahier des charges (plus de 200 marques passées en revue), définir toute la stratégie financière, gérer l'aspect juridique et administratif ... La boutique a finalement été lancée le 8 novembre 2006.

Pour Mademoiselle Bio, le blog a précédé le site marchand. Qu'est-ce que le blog apporte à cette aventure ? Comment l'avez-vous fait évoluer ?
Le blog est pour moi un élément essentiel de l'aventure. Une boutique en ligne est complètement désincarnée. La relation humaine est très limitée. Or, cette aventure est pour moi avant tout une aventure humaine : j'ai envie de cheminer tant d'un point de vue personnel - me nourrir dans mes réflexions écologiques - que d'un point de vue personnel - partager mon expérience de créateur d'entreprise. Or le blog est un outil merveilleux pour créer un lien humain, échanger, partager et se nourrir.

Du coup, avec le blog, je chemine avec mes lecteurs vers un monde plus beau, plus bio ! J’ai souhaité que ce blog soit une "chronique" qui donne envie d’aller plus loin. Il invite à réfléchir et échanger autour des thèmes qui fédèrent Mademoiselle Bio : la beauté engagée, le bien-être holistique, le quotidien d’écolo et la création d’entreprise engagée.

Le site marchand Mademoiselle Bio a ouvert un peu avant Noël : quel premier bilan tirez-vous de ces premiers mois d'activités ?
Le bilan est excellent ! J'avais un peu peur qu'après les fêtes, Mademoiselle Bio accuse une baisse d'activité. En fait, la croissance est très soutenue. La démarche Mademoiselle Bio d'associer le bio et le glamour est vraiment appréciée. Les femmes sont ravies de découvrir de nouvelles marques bio. Et surtout la qualité des produits fidélise beaucoup ma clientèle. Ces premiers mois sont très encourageants d'un point de vue commercial.

D'un point de vue humain, j'ai encore beaucoup de mal à gérer mon équilibre. Je bosse jour, nuit et week-end ! Je pense que c'est normal en phase de lancement. Mais je vais devoir réfléchir à la gestion de la croissance, car je ne pourrai pas tenir à ce rythme-là à long-terme…

Qu'est-ce que votre expérience antérieure au marketing d'une grande marque de soin de luxe vous apporte aujourd'hui dans votre nouvelle vie ?
Elle m'apporte beaucoup et en particulier l'expertise métier. Grâce à mes années en cosmétiques conventionnelles, je connais les labos, les marchés, les consommateurs et leurs attentes, la distribution, ... Cela me fait gagner beaucoup de temps tant dans la sélection de mes marques que dans ma relation aux clientes.

Cette expertise me permet aussi d'accompagner mes marques : très souvent ce sont des créateurs très charismatiques, mais qui ne sont pas tous très avertis sur l'aspect marketing. Donc, nous échangeons beaucoup sur leurs développements futurs, l'évolution de leur marque, leur communication ... Nous sommes de vrais partenaires.

Pensez-vous qu'un jour, même dans un avenir lointain, le bio sera la norme, que toutes les marques, y compris de luxe, s'y mettront tôt ou tard (parce que les consommateurs, voire la loi, l'exigeront...) ?
Voilà une bien belle question ! J'ai créé Mademoiselle Bio car j'ai envie de créer un nouveau monde de beauté. Et j'aimerai croire qu'un jour le bio sera la norme. Mais on en est encore très loin. Que les grands groupes cosmétiques s'y mettent, je n'en doute pas [1]. Bientôt, nous verrons des lancements chez L'Oréal, LVMH, Lauder et les autres pour surfer sur cette niche de marché en forte croissance. Ils créeront une offre restreinte parmi toutes leurs marques et produits existants.

Mais les contraintes économiques sont telles qu'ils ne pourront pas passer toutes leurs marques au bio. Ce serait accepter d'augmenter de manière significative leurs coûts de revient. Et oui, revenir aux matières premières végétales et apporter des garanties supplémentaires implique un surcoût de production ! Ainsi, je pense que nous verrons encore longtemps les lobbys de l'industrie cosmétique se battre pour appauvrir REACH et les autres mesures législatives qui seraient trop contraignantes pour eux. Et ce au détriment des garanties pour les consommateurs !

On vous a pas mal vu dans la presse, sur Internet... Comment gérez-vous la communication de votre site ?
La presse m'a réservé un accueil très chaleureux. C'est formidable ! Par faute de budget, je gère tout moi-même. J'ai écrit mon dossier de presse, pris mon bâton de pélerin pour le diffuser auprès des journalistes, fait les relances ... Le plus satisfaisant est que je commence maintenant à avoir des demandes de journalistes sans les avoir sollicitées.

Cette communication est pour moi essentielle car je suis très souvent le premier point de vente français de mes marques. Donc, les faire connaître est crucial !

Et l’avenir ?
J'ai des projets pleins la tête. Pour la boutique, je compte dénicher de nouvelles marques en continu. L'offre restera pointue et je ne distribuerai que les marques dans lesquelles je crois. Je veux vraiment rester fidèle à l'esprit Mademoiselle Bio. Clé des Champs est ma dernière venue. Une très belle marque qui propose des soins de saison inspirés par la médecine chinoise. Et d'autres marques arrivent bientôt. Coté services, je cherche à toujours répondre au mieux aux attentes des femmes. J'ai mis récemment en ligne le diagnostic beauté personnalisé, élaboré avec une bio-nutritionniste naturopathe. Il donne de nombreux conseils pratiques.

D'ici quelques jours, les femmes pourront directement commenter les produits de beauté en donnant leurs appréciations sur les fiches produit. En fait, j'essaie vraiment de me mettre à la place de mes clientes et de me demander ce qu'elles souhaiteraient. D'ailleurs, je profite souvent du blog pour leur demander leurs avis !

[1] Yves Saint-Laurent Beauté vient de lancer la gamme de soin bio de la marque Stella Mac Cartney, tandis que Clarins et L'Oréal ont récemment racheté des marques bio prometteuses.

A noter : à l'occasion de la Quinzaine du commerce équitable, Violette publie sur son blog une série d'interviews de chefs d'entreprise engagés dans le commerce équitable, comme Ekobo, Ideo, Alter Eco, Amazonia Preciosa, Senteurs du Sud... pour sensibiliser le grand public à un commerce plus respectueux de l'homme et de son environnement.

A voir, 2 interventions de Violette Watine sur Direct 8 :
-
sur Direct 8 dans "Touche pas à ma planète"
-
sur Direct 8 dans "Bien-Être"

Crédit photo : Mademoiselle Bio

30 nov. 2006

Internet : le circuit distribution idéal pour le bio

INTERVIEW - Vigdis Mounier de Princesse Bio

Vigdis Mounier et son mari Sylvain sont les fondateurs de Princesse Bio, site de vente en ligne de cosmétique bio. Vigdis s'est spontanément proposée pour répondre à mes questions sur les enjeux de la cosmétique bio sur le net.

Comment a démarré l'aventure Princesse Bio ?
Vigdis Mounier - Mon mari et moi-même avons ouvert les portes de Princesse Bio aux internautes le 7 juillet 2006. Nous souhaitions créer notre entreprise et la vente en ligne de cosmétiques biologiques certifiés nous permettait d’allier convictions personnelles et connaissances pratiques. Nous consommons des produits alimentaires biologiques et utilisons des cosmétiques bio depuis plus de 10 ans.

Comment avez-vous construit votre offre ?
VM - La certification (Ecocert (charte Cosmébio), BDIH) est importante et nous avons fait le choix de ne vendre que des produits certifiés sur notre site. D’autre part, nous mettons vraiment l'accent sur la sélection des produits. Nous référençons entre autres des marques dont la réputation n’est plus à faire telles que Logona et Lavera. Nous retenons aujourd'hui en priorité les formulations douces, les parfums et textures agréables, les produits ayant un pourcentage d'ingrédients biologiques élevé, les packagings modernes et le prix que nous ne souhaitons pas trop élevé. Nous nous sommes restreints volontairement à la cosmétique et ne proposons ni huiles essentielles pures ni compléments alimentaires, les huiles essentielles étant à manipuler avec une extrême prudence.
La permanence téléphonique que j'assure quelques heures permet un contact chaleureux avec les clients. Nous les invitons à nous faire part de leurs remarques et suggestions pour encore mieux affiner notre sélection.

Quelles grandes évolutions avez-vous pu observer sur le marché de la cosmétique bio ?
VM - Il se trouve que nous avons ouvert notre site juste après la grande vague informative de Greenpeace, Envoyé Spécial et Que Choisir. Ces informations ont été précieuses pour nous et elles le sont encore dans la mesure où nous les relayons auprès du consommateur via notre site.
Ce surcroît d'information a eu pour effet surtout de faire littéralement exploser l'offre sur Internet en aout-septembre 2006. Il faut continuer d'informer le public et j'en appelle encore aux médias et aux scientifiques.

Internet est-il un environnement particulièrement favorable pour la cosmétique bio ?
VM - La seule façon de faire progresser la demande est d'informer toujours plus et Internet est un formidable vecteur d'information. Internet permet de toucher beaucoup plus de personnes que ne le ferait un simple magasin de centre ville souvent éloigné du domicile. La vente en ligne permet un grand gain de temps : rapidité de l'achat, assurance de trouver le produit recherché, une sélection tranquille chez soi.
La cosmétique se prête assez bien à l'achat en ligne, le maquillage et le parfum sont un peu plus difficiles à vendre, nous y remédions par l'échange téléphonique. J'ai à disposition des testeurs qui me permettent de guider mes clientes dans le choix des teintes.

L'Oréal et Clarins viennent de prendre des participations dans des marques bio prometteuses : que vous inspire l'intérêt des grands groupes pour le bio ?
VM - Les grands laboratoires de cosmétiques conventionnelles y voient évidemment leur intérêt financier. Avoir une marque bio permet d’investir un marché en croissance et, de plus, de contrer les critiques des détracteurs de la cosmétique conventionnelle.
En attendant l'application du règlement REACH, l'opportunisme est roi et le manque de cohérence total. En cas d'attaque, il est encore confortable de se retrancher derrière la directive communautaire de 76 qui gouverne la profession et n'impose pas d'appliquer le principe de précaution.

Pensez-vous qu'un jour, même dans un avenir lointain, le bio sera la norme, que toutes les marques s'y mettront tôt ou tard, parce que les consommateurs, voire la loi, l'exigeront ?
VM - On ne peut que souhaiter qu'un jour la législation et règlementation européenne retranscrite en droit français impose la norme de la cosmétique biologique certifiée. Combien de temps cela prendra t-il? Une harmonisation des labels européens est, elle, déjà à l'étude.
La prise de conscience va croissante et nous sommes dans un processus de changement qui s’accélère.

Que nous réserve Princesse Bio dans un futur proche ?
VM - Nous avons des projets bien sûr, mais je n’en dis pas plus. Nous allons continuer d'affiner notre sélection et dans un futur proche notre site va changer de page d'accueil, nous le voulons encore plus facile à la navigation et plus convivial. A découvrir bientôt !

Crédit photo : Vigdis Mounier / Princesse Bio

A lire également :
- interview de Nathalie Baudoin de Greenpress
- interview d'Anne Le Turnier de Cosma Terra
et d'autres infos bios sur ce site...

2 nov. 2006

Le Livre Blanc qui défend la cosmétique

Conservateurs ? Parabens (ou parabènes) ? Phénoxyéthanol ? Phtalates ? Sels d'aluminium ? Filtres solaires ? Répondant aux attaques de plus en plus fréquentes dont elle est la cible, la Fédération des Industries de la Parfumerie (FIPAR) a édité un Livre Blanc, disponible ici, pour faire les points sur toutes ces questions d'actualité.

Voici les points principaux abordés, c'est très court, simple et clair.
- Définition : qu'est-ce qu'un produit cosmétique ?
- La confiance : en 30 ans, aucun produit cosmétique n'a été mis en cause dans un quelconque problème sanitaire
- La réglementation : qui autorise la mise sur le marché d'un produit, selon quels critères ?
- Qu'est-ce qui garantit que le produit est sûr ?
- La durée de conservation des produits cosmétiques
- Le rôle des ingrédients les plus attaqués (conservateurs, parabens, phtalates...), sous quelle condition sont-ils utilisés pour être sans danger
etc...

Ce fascicule arrive un peu tardivement, et surtout sa diffusion sur le net est encore confidentielle par rapport à l'audience de ceux qui attaquent la cosmétique traditionnelle. Les inquiétudes légitimes soulevées ici ou là méritaient bien une réponse en bonne et due forme. Il faut reconnaître que ce document est très facile à lire, très didactique, et on apprend forcément quelque chose. Cette initiative témoigne d'une volonté louable d'ouvrir le dialogue avec les consommateurs... Il était temps.


Crédit photo : FIPAR

10 oct. 2006

Paraben : ami ou ennemi ?

Comment parler de cosmétique sur internet sans évoquer le paraben ? C'est LE sujet qui passionne les forums. Un tour de sites en sites peut vite virer à la psychose, on trouve ici des infos sur le danger des cosmétiques (ce billet renvoie à la base de données Skin Deep, qui s'adresse plutôt aux connaisseurs, car l'info brute peut effrayer), là des démentis. Difficile de se faire une idée claire sur la situation.

Comme le rappelle la définition de wikipedia, les parabens sont un groupe de produits chimiques largement utilisés comme conservateurs dans l'industrie cosmétique et pharmaceutique afin d'éviter la prolifération de champignons et de bactéries. Il en existe différentes sortes (méthylparaben, propylparaben etc…). L'industrie cosmétique considère que les parabens sont parmi les conservateurs les plus efficaces.

Ils sont également utilisés dans certains aliments, mais, première source de malentendu, cette usage est très réglementé car la plupart des études anti-parabens, avec des résultats très négatifs, sont justement réalisés sur les parabens ingérés. Est-il utile de rappeler qu'entre ce que nous mangeons et ce que nous appliquons sur notre peau, même si psychologiquement nous pensons que le lien est évident, et que tout ce que nous mettons sur notre peau devrait être comestible, ce n'est pas le cas. Buvez une rasade de Chanel n°5 et on en reparle… (Non, n'essayez pas !).

Les parabens en accusation

D'où vient la peur des parabens ? Une étude britannique a mis le feu aux poudres. Elle révélait la présence de parabens dans des tissus mammaires cancéreux. D'où le raccourci "paraben = cancérigène". Les industriels, soutenus par le monde scientifique, ont fait valoir que cela ne démontrait ni que ces parabens étaient la cause des cancers (si l'on avait fait absorber au groupe témoin un colorant spécifique, on l'aurait sans doute trouvé dans les tissus, sans évidemment que ce colorant soit la source du cancer), ni que les parabens étaient nécessairement d'origine cosmétique (et non alimentaire…). Le protocole de l'étude n'a d'ailleurs pas été clairement établi, ne permettant aucune vérification.

En France, cette étude était le cœur d'un reportage de l'émission Envoyé Spécial sur les cosmétiques qui a eu un énorme retentissement. Pour l'exemple, lisez ce commentaire sur un forum de jeunes mamans, preuve de l'association immédiate pour le grand public des parabens comme substance cancérigène.

Les industriels n'ont pas réussi à parler d'une seule voix, laissant le champ libre dans les médias d'une part à des petites marques désireuses de se faire connaître, d'autre part à des marques plus établies qui ont saisi l'occasion pour faire un grand coup de promo, troublant un peu plus le message... et l'opinion publique. Les journaux beauté leur ont d'ailleurs largement laissé la parole. Si l'industrie cosmétique veut rassurer mais qu'au même moment Caudalie fait sa pub sur le retrait du paraben de ses produits (retrait finalement partiel et remplacement par une autre substance qui n'a pas encore démontré totalement son efficacité), forcément ça fait désordre. Et au final, les industriels sont tentés de retirer le paraben et de le remplacer par d'autres substances parfois tout aussi problématiques... Ce que Nathalie Baudoin, de Greenpress, indiquait dans l'interview qu'elle a donné sur ce blog.

Paraben : quelles alternatives ?

Sauf dans des cas particuliers, l'utilisation de conservateurs est malheureusement indispensable, faute de quoi les produits seraient contaminés et moisiraient. Certains fabricants filous pourraient se contenter de retirer parabens et consort pour mettre dans les linéaires des produits qui n'offrent pas toutes les garanties en terme de conservation : si des marques très confidentielles peuvent se le permettre, celles qui sont un peu plus exposées ne peuvent guère prendre ce risque. Les alternatives formulatoires ne sont pas toujours attrayantes : certains dérivés chimiques proposés ne font pas envie !

Bref, ce sujet passionne l'industrie cosmétique (toutes les marques, plus ou moins officiellement, planchent dessus au cas où les interdictions se feraient plus sévères) mais la recherche n'a pas abouti à des alternatives utilisables à grande échelle. L'AFSSAPS (Agence Fraçaise de Sécurité Sanintaire) a donné un avis favorable à la poursuite de l'utilisation des parabens. Des études sont en cours partout dans le monde pour re-confirmer l'innocuité de cette utilisation.

Rester carnivore ou devenir végétarien ?

On reste un peu sur notre faim : que croire ? Internet est comme chacun sait un outil d'information imparfait, où chacun peut se proclamer expert d'un sujet. Difficile dans ces conditions de se faire une idée claire. Et les médias traditionnels, après s'être brièvement passionnés par le sujet, semblent l'avoir oublié aussi sec.

Il s'agirait donc désormais d'effectuer un choix personnel, un peu à la manière de notre attitude pendant l'épisode de la "vache folle" : est-ce que vous restez carnivore ou vous devenez végétarien ? Jusqu'à récemment, ce choix n'était pas possible en cosmétique, mais l'essor de la cosmétique bio permet aujourd'hui à chaque femme de décider si elle souhaite utiliser des crèmes contenant ou ne contenant pas de parabens. Heureusement des marques bio sérieuses proposent une offre sans paraben intéressante, à suivre de près.


A lire,
- La Fédération des Industries de la Cosmétique a édité un Livre Blanc (voir ici)destiné à toutes les consommatrices pour les rassurer sur le sérieux des produits cosmétiques. Très complet et bien fait, il donne des informations sur l'ensemble des ingrédients mis en cause ici ou là.
- l'article technique et très détaillé de la Gazette Cosmétique (ne manquez pas les commentaires, le débat y est vraiment intéressant)

Crédit photo : Corbis

28 sept. 2006

Cosmétique bio : la lame de fond ?

INTERVIEW
Le discours bio est sûrement l'une des tendances actuelles les plus fortes en cosmétique. Fait révélateur : lorsqu'ils traitent de cosmétique, les blogs se passionnent pour la cosmétique bio.
En exclusivité pour Cosmeo blog, Nathalie Baudoin, créatrice de Greenpress, agence de communication au service des entreprises vertes, a bien voulu répondre à mes questions :

Cosmeo - Comment expliquez-vous l'émergence de la vague bio en cosmétique ?
Nathalie Baudoin - Le bio en cosmétique est la suite logique du boom du bio dans l'alimentaire. La nouvelle génération de consommateurs de produits bio est plus urbaine et plus féminine que la précédente.
En faisant plus attention à ce qu'on mange, on en vient inexorablement à faire plus attention à ce que l'on se met sur la peau. La cosmétique bio existait avant, mais ce domaine intéressait moins les "bio-tradi".

Cosmeo - Les attaques que la cosmétique a subi ces derniers temps ont-elles favorisé l'émergence des marques bio ?
NB - Divers mouvements (Green Peace, Que Choisir, certains médias) ont contribué à faire connaître au grand public l'existence possible de risques dans l'utilisation de certains ingrédients issus de la pétrochimie.
Les journaux féminins mettent l'accent sur le côté nature et écolo, mais ils sont quand même un peu embêtés, à cause des annonceurs...

Cosmeo - En cosmétique, quelles sont selon vous les marques ou les distributeurs qui ont le discours "bio" le plus convaincant, le plus innovant ?
NB - Les marques qui font des produits bio certifiés par un label type BDIH ou Cosmebio (Ecocert) me semblent plus convaincantes car les labels témoignent d'une démarche globale. Malheureusement, ces labels sont encore mal connus du grand public.
Je trouve qu'une marque comme Weleda a une démarche intéressante, avec sa culture de plantes médicinales ou la protection des espèces.. A regarder également, un petit distributeur qui monte, présent uniquement sur Internet aujourd'hui, Cosmaterra.

Cosmeo - Cette vague bio peut-elle à terme mettre les grandes marques en difficulté et renverser le marché ?
NB - Au fond, je crois qu'il en faudrait beaucoup plus pour mettre réellement les grandes marques en difficulté. On peut leur faire confiance pour adopter le "discours" bio qui plaira et réussir à mettre l'accent sur une ou deux choses qu'elles auront retiré de leurs produits (ex : les parabens). Mais qu'en sera-t-il réellement du reste de la composition des produits, qu'en sera-t-il de leur éthique réelle vis-à-vis des consommateurs et de l'environnement ?
Reste qu'il faut toujours des mouvements alternatifs comme celui là pour faire avancer les choses...

A visiter : le site de Greenpress