29 sept. 2008

Un nom négatif, c'est vendeur ?

Trouver le nom d'un produit est parfois une véritable épreuve : non seulement il faut que le nom soit porteur pour le projet, mais encore faut-il qu'il soit disponible (c'est-à-dire que personne ne l'ait déjà utilisé pour un produit similaire). Or, plus un nom est évidemment porteur, plus il y a de chances qu'il soit déjà pris. Le calvaire juridique commence...

Mais qu'est-ce qu'un nom porteur ? Dans l'univers de la beauté, j'entends souvent qu'il faut un nom mémorisable, international, cohérent avec le concept du produit et véhiculant des valeurs positives. Positif ne signifie pas exempt de transgression : la rebellion est aussi fortement valorisée, et des noms comme Insolence, Indecence, l'Interdit, Opium, l'Anarchiste ont chacun à leur époque choqué et tenté à la fois les consommateurs.

Mais qu'en est-il de noms ouvertement négatifs ? Là encore de bons exemples font mentir la règle. Poison (Dior), Egoïste (Chanel), et plus récemment Faux-Cul (Nickel) ou la marque de maquillage Urban Decay (= déchéance urbaine) ont dû soulever quelques discussions en interne ! ça ne les empêche pas de rencontrer, à petite ou grande échelle, leur public. Comme quoi, toute règle de marché connait ses exceptions.

Si vous avez d'autres noms du même ordre en tête, partagez-les avec nous dans les commentaires.

7 commentaires:

Le critique de parfum a dit…

Guerlain a tendance à en abuser un peu en ce moment : Rose Barbare, Chypre Fatal, Cruel Gardénia...

Et à chaque fois, c'est un parfum tout mignon et très propre sur lui! ;-)

Tend and Co a dit…

Il y a bien eu Obsession décliné plusieurs fois chez Ck, et puis aussi Contradiction. Bon, c'est vrai que les deux peuvent aussi avoir une connotation plus positive, mais le premier sens du mot est plutôt négatif, et fait référence même à la psychologie, des troubles ...

lola a dit…

Il me semble que s'il y a une chose à retenir de tout ceci c'est bien qu'il n'y a pas de règles...ou peut-être une seule : Etre cohérent et porteur d'un concept.
J'en veux pour preuve 'Insolence' dont l'égérie est Hilary Swank, on a vu mieux pour porter le concept (attention, je n'ai rien contre l'actrice :))

Jeanne a dit…

Etat Libre d'Orange s'est fait le spécialiste des noms "provoc" faussement repoussoir, avec Charogne, Sécrétions Magnifiques, Rien, Antihéros, Putain des Palaces...
Les noms des parfums font de plus en plus preuve d'une grande absence de sens, et surtout de liberté du à la réservation des noms, d'où toutes les variations "fresh", "black", "intense" ou "deep" qui en témoignent et sont tristes et ennuyeuses à mourir. Il y a par ailleurs parfois des idées audacieuses et plus évocatrices comme Le Baiser du Dragon, L'Eau des Merveilles, Un Jardin en Méditerranée, L'Heure Bleue... J'aimerais parfois qu'on revienne à des noms plus "explicites", un peu désuets, plus drôles et moins abstraits, comme les Voilette de Madame ou Mouchoir de Monsieur, Je reviens, Suivez-moi...

ese94 a dit…

Aïe, aïe, je vais élever le débat ... vers le bas ! Selon un barisme éculé, c'est une "augmentation à la baisse".

J'ai rencontré sur le site "Comptoir de l'homme" un certain nombre de parfums dont le nom m'a choqué. Ils sont signés Etat libre d'Orange.

- Je suis un homme,
- Vierges et Torreros,
- Jasmin et cigarette,
- Charogne.

Pour les deux premiers, il faut décrire le logo : le premier est un "sex-pistol" avec le bout d'un pistolet qui a la forme d'un gland, le second est un drap taché de sang...

Alors, qu'en est-il de noms ouvertement négatifs ? il faut au consommateur du deuxième ou troisième degrés.

Je n'ai acheté que des échantillons, car je ne sens pas ces parfums pour moi.

Qu'en serait-il pour offrir ? surtout en public à un pot de départ pour un collègue pas très aimé ! Et enfin, si je me concentre sur mon homosexualité latente, "charogne" pourrait être le doux nom d'un amant !

Kada a dit…

L'idée de choquer en parfumerie me plait : un produit fin, luxueux mais en meme temps audacieux. Le plus décallé n'est pas tant le nom en soit, plus encore l'est de se faire proposer ce parfum au nom étrange par le conseiller(e) courtois et souriant(souvent tres bien maquillée, et vétue comme le souhaite son enseigne...)le nom et le produit prenne là leur côté 5ème dimension que j'adore!

carmencanada a dit…

L'usage de noms "négatifs" en parfumerie ne date pas d'hier, loin s'en faut : pour ne nommer que les plus réputés, chez Lanvin, My Sin/Mon Péché (1925)et Scandal (1932); chez Dana, Tabu (1931); chez Robert Piguet, Bandit (1944); chez Schiaparelli, Shocking (1937). Sans oublier le Cocaina en Flor de Parera (1930)... Opium a relancé la mode en 1977, mais la tradition était bien établie.